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Leila Zerrougui, représentante spéciale du secrétaire général pour les enfants et les conflits armés



Leila Zerrougui, représentante spéciale du secrétaire général pour les enfants et les conflits armés
Prenant part à la 4e édition du séminaire sur la paix et la sécurité, qui sera clèturé aujourd'hui à Oran, Mme Leila Zerrougui, représentante spéciale du secrétaire général pour les enfants et les conflits armés, a bien voulu nous donner son avis au sujet de la dernière opération d'expulsion de migrants qui a été énormément critiquée. Mais également sur le travail de sensibilisation sur les conséquences d'une crise sur les victimes.C'est par voie de presse et avec surprise que Mme Leila Zerrougui dit avoir appris la nouvelle des expulsions de migrants au niveau de la capitale Alger. D'autant dit-elle que ce n'était pas là le bon timing. «Vous êtes là pour discuter des problèmes de l'Afrique et vous renvoyez des gens dans des conditions qui n'étaient pas acceptables, je pense que c'est quelque chose qu'il faudra examiner et savoir ce qui s'est passé».Tout en admettant que la situation constitue un réel problème, cela n'empêche pas dira Mme Zerrougui, d'avoir une stratégie intelligente, considérant que le problème ne se règle pas avec une réaction impulsive. «Nous avons une responsabilité en tant qu'Etat important en Afrique, nous avons toujours prèné de jouer un rôle de consolider la paix en Afrique, de stabiliser les pays africains, de se tourner vers le Sud, nous avons aussi été les premiers à se battre pour la coopération Sud/Sud, pour le Nepad. Il faut prendre des solutions positives, intelligentes.» Pour notre interlocutrice, l'émigration n'a jamais été un facteur déstabilisant.La réaction de Mme Zerrougui sur le sujet a été recueillie la veille de la publication du communiqué des AE qui affirme que «L'opération de rapatriement dans leurs pays de ressortissants africains en situation irrégulière s'est déroulée “dans le respect des droits humains” et “conformément aux engagements internationaux” de l'Algérie».Abordant la question des stratégies prènées par l'UA dans les conflits de guerre, notre interlocutrice dira que la guerre a souvent un visage d'homme mais en réalité, ce sont, dit-elle, les femmes qui payent le prix le plus lourd. «Le plus important pour régler les conflits c'est de marginaliser la revendication des groupes armés, de les isoler par rapport à la société. Lorsqu'il y a des souffrances, de l'injustice, de la mauvaise répartition des richesses, de la mauvaise gouvernance, cela donne des espaces pour recruter dans les communautés marginalisées. D'où la stratégie de l'UA à renforcer, explique-t-elle avec des outils notamment l'implication des femmes, procurer du travail, assurer l'éducation”? «On revendique le renforcement du pouvoir des femmes, si on veut construire la paix, on construit une société plus équilibrée», insiste-t-elle. Convaincue que lorsqu'on a la moitié de la population qui est ignorante, cela perpétue les causes structurelles de l'affaiblissement. «On enterre une crise pour préparer une prochaine», déplore Mme Zerrougui.L'intervenante évoque le chiffre de 65 millions de personnes déplacées qui sont enregistrées au HCR, et de citer le nombre effarant de 220 millions d'enfants dans le monde qui vivent dans les crises. «Un pays comme la Syrie compte aujourd'hui 70% d'enfants qui ne peuvent pas accéder au secondaire et 3% qui vont à l'université. C'est dramatique et c'est une guerre qui va se perpétuer. Des enfants qui grandissent illettrés, vous pensez que ça ne vous radicalise pas '!».Tout en insistant sur la nécessité d'un travail de sensibilisation sur les conséquences d'une crise sur les victimes, Mme Zerrougui déplore le fait que pour l'éducation il n'y a que 3% de tous les fonds destinés à l'aide humanitaire qui lui sont consacrés, c'est dramatique, estime-t-elle. «La radicalisation, c'est la conséquence de la perte d'espoir, la violence naît aussi du fait qu'on est marginalisé et qu'on a envie de se venger», dit-elle.
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