La civilisation islamique et son enseignement pour notre temps
C’est le titre de la conférence donnée le lundi 9 octobre par le docteur Ibrahim Abd- El Ataya El Khalafi à la Zaouia de Sidi Mohammed Belkaïd. Tout d’abord un mot sur cette personnalité égyptienne.
Le Docteur Ibrahim El Khalafi est professeur de philosophie et de dogme à la Faculté des Fondements de la religion d’Assiout, une ville importante de la Haute Egypte qui fut longtemps la capitale d’un grand royaume vers la fin du VI° millénaire AV-J.C. Le Professeur Ibrahim El Khalafi est l’auteur d’une vingtaine d’ouvrages dont notamment le dogme islamique et la société humaine en Islam.
A tous ses mérites et qualités intellectuelles, il joint une sensibilité très vive. C’est un homme souriant et charmant à qui l’on peut parler facilement. Après avoir marqué un temps dans une attitude méditative propre aux gens du Tassawuf, il commença par un exorde doxologique où il exprima d’excellentes paroles et des formules élogieuses à la gloire de notre vénéré Prophète Sidna Mohammed (Que la Paix et la Bénédiction divines soient sur Lui). Puis il s’attacha à définir ce qu’on entend par civilisation islamique, ensuite à indiquer comment a-t-on atteint à cette civilisation et enfin à montrer l’enseignement dont on peut en tirer.
Il n’est pas de définitions aussi complexes, aussi diverses que celle de la civilisation islamique. La civilisation islamique a fait en France l’objet d’une abondante littérature. Le médecin et sociologue français Gustave Lebon (1841-1931) est l’auteur d’une remarquable histoire de la civilisation arabe. D’autres ouvrages modernes sur l’histoire de la civilisation islamique virent le jour au cours des trente dernières années. Ne pouvant tous les citer, bornons-nous à mentionner ces trois ouvrages : Histoire et civilisation des Arabes et du monde musulman de Berge paru en 1978 ; l’Islam et sa civilisation de Miguel A paru en 1990.Qu’il soit dit en passant que la plupart de ces ouvrages sont truffés d’erreurs et d’inexactitudes dont il serait utile de faire l’inventaire et l’analyse.
Mais, ainsi qu’il arrive trop souvent, les Orientalistes occidentaux ne comprennent pas l’Islam et ses institutions comme les auteurs musulmans. Pour la plupart d’entre eux, la civilisation islamique est un ensemble de caractères que présente la vie collective d’une société musulmane. Tout cela est vrai, mais ils ne savent pas que l’élément fondamental de la civilisation islamique est d’abord et avant tout notre vénéré Prophète Sidna Mohammed (Que la Paix et la Bénédiction divines soient sur Lui). Du coup, le caractère et la nature de la civilisation islamique se trouvent non seulement relégués au second plan mais abaissés à un point qu’on ne saurait ni conserver, ni à plus forte raison reconnaître. C’est cela qui constitue la spécificité de la pensée musulmane et qui la différencie de la conception occidentale. Ainsi que l’a montré le professeur Ibrahim El Khalafi, c’est Sidna Mohammed (Que la Paix et la Bénédiction divines soient sur Lui) qui confère tout le fondement et la valeur de la civilisation islamique.
Maintenant, comment peut-on justifier cette affirmation?
L’éminent conférencier constate que c’est le Coran qui en donne la justification et les preuves irréfragables, notamment la Sourate Les Prophètes et la Sourate «La Vache». Avant l’Islam à l’Islam, les peuples vivaient dans l’erreur et l’ignorance.
Les Egyptiens adoraient des dieux qui représentaient des forces ou des éléments de la nature; les Mésopotamiens et les Assyriens adoraient les astres du ciel. Les Arabes de la péninsule arabique adoraient des idoles dans le temple de la Kaaba. Et c’est bien le Prophète Sidna Mohammed (Que la Paix et la Bénédiction divines soient sur Lui) qui combattit le culte des faux dieux et des idoles et réalisa l’Unité de la croyance en Dieu Le Tout Puissant. Le docteur Ibrahim El Khalafi fit ensuite préciser que la civilisation islamique va prendre corps à partir de deux notions : piété et croyance en un DIEU Unique. Aussi bien dit-il, tout musulman est donc civilisé. Mais tout civilisé n’est pas forcément musulman. L’expansion de l’Islam concourut à civiliser divers peuples de la planète en adoucissant leurs mœurs et en élevant leur piété et leurs vertus. Sur ce point, la pensée du docteur Ibrahim El Khalafi se rapproche de la position du grand penseur algérien Malek Bennabi. Très remarquables les propos de Malak Bennabi dont le professeur Ibrahim El Khalafi a orné son discours comme la campagne s’orne de fleurs au printemps. Et voici, qu’alors, il charma son auditoire dans sa péroraison où il encouragea les assistants à s’unir dans la foi en Dieu.
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Rachid Benblal
Avocat & Historien
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com