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Le terrorisme sert-il des intérêts inavoués'



Le terrorisme sert-il des intérêts inavoués'
Le terrorisme est devenu ces deux dernières décennies le paramètre nodal de dangerosité pour la (les) sécurité(s) nationale(s) et internationale. Ses coups d'éclat et de boutoir ont sidéré le monde, à tel point que, dans certaines circonstances, les mots n'avaient plus de sens ou le signifiant qui leur est habituellement imparti, tant le conscient ne réalise pas ce qui arrive. Les Français sont traumatisés et encore sous le choc après le 13/11, comme l'ont été les Américains le 11/09/2001 et avant eux les Algériens entre 1992 et 1996. Personne en vérité n'a compris, ni réalisé la nature et la portée d'événements qui ont bouleversé la donne sécuritaire planétaire. Or, le terrorisme sous le visage hideux sous lequel il est apparu ne date ni d'hier ni d'aujourd'hui et avait fait, quoique l'on en dise, l'objet de maintes résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU. Mais le monde et les Etats sont facilement oublieux qui mettent en avant la maxime selon laquelle cela n'arrive qu'aux autres. Quand l'Algérie - isolée par les «bien-pensants» - mettait en garde contre un fléau transnational, elle n'a été ni écoutée ni entendue, pire, elle a été culpabilisée avec le «qui-tue-qui». Peut-être que si on avait essayé de comprendre ce qui se passait en Algérie - en remettant les événements dans leur contexte véritable - sans doute que le monde aurait pu prévenir ces carnages. Certes! Mais avec des si... Aussi, le réveil de l ?Occident aura-t-il été brutal face à la dimension tentaculaire prise par le terrorisme transnational. Car, il s'agit bien d'un terrorisme transnational - son label «islamiste» n'étant qu'un paravent pour mieux exacerber les peurs et les rancoeurs - longtemps dorloté par l'Occident qui estimait que, sa nuisance ciblée, ne lui porterait pas atteinte. Rien, en fait, ne justifiait la tranquille assurance dans laquelle se sont complus les puissants, fermant les yeux sur ce qui se passait ailleurs. Par opportunisme et par intérêts, les pays occidentaux - qui se sont mis aujourd'hui à la tête de la lutte contre ce phénomène - ont ignoré, ou affectèrent de méconnaître la nocivité du terrorisme, quand ils ne sont pas allés au secours des leaders islamistes - qui commanditaient les attentats et semaient la mort en Algérie - tentèrent même [c'est notamment le cas de la France] de semer la confusion sur les auteurs des crimes abominables commis à l ?encontre des citoyens. A contrario, c ?est dans les pays occidentaux - très accueillants au demeurant pour les terroristes de tout bord, notamment algériens - que ces derniers ont acquis les techniques de subversion et de déstabilisation. Ces terroristes étaient quasiment sous la protection des autorités occidentales - chez qui ils avaient le gîte et le couvert- qui n ?ignoraient rien de leurs pratiques. Londres, Paris, Berlin étaient les lieux privilégiés des terroristes. Ce que confirma, juste après, les attentats anti-américains de 2001, le ministre britannique de l ?Intérieur de l'époque qui a admis le laxisme suicidaire occidental reconnaissant que «la présence d ?extrémistes islamistes en Grande-Bretagne en cette période et dans un avenir proche crée une situation d ?état d ?urgence public qui menace la vie de la nation». Sans doute que cela ne sert à rien de ressasser des faits archiconnus, mais il est instructif cependant de rappeler ce que nous écrivions depuis plusieurs années car les faits nous donnent, hélas, raison. Quand il le fallait, l'Occident n'a pas jugé politique d'agir, restant dans l'expectative. Que dire ainsi des pitreries d'un François Hollande- qui s'est mué en chef de guerre - qui renvoient au grotesque «axe du Mal» de George W. Bush' Il y a ainsi des dirigeants mondiaux qui ont fait des malheurs des autres et de leurs peuples un tremplin pour adouber leurs politiques liberticides et contre-productives. Une certaine Valérie Pécresse, députée de la droite sarkozienne, tout en avouant ne pas savoir ce qu'il y a dans le «Patriot Act» états-unien - qui fait des citoyens américains des terroristes en puissance - veut que la France s'en inspire et adopte des lois d'exception de même nature pour les Français après les attentats de Paris. Cette dame dans son ignorance crasse est prête à soutenir des lois liberticides et répressives dont elle ne cherche pas à savoir ce qu'elles pourraient en coûter pour les citoyens. Il est vrai qu'elle estime être du bon côté de la barricade et au-dessus de la «populace». Pendant des années les Occidentaux ont nourri la bête immonde, car tant qu'elle frappait ailleurs, elle servait leurs intérêts, ne songeant pas qu'elle pouvait se retourner contre eux. Mais en vérité, quelle stratégie de lutte antiterroriste avait jamais existé lorsque les puissants croyaient, ou se laissaient aller à croire, que seuls les autres pouvaient être des victimes du terrorisme' L ?Occident a peur! Aussi s ?est-il attelé à réviser ses priorités en mettant en place non point de véritables stratégies pour contenir et éliminer le terrorisme mais pour surveiller et réprimer ses populations. On l'a vu aux Etats-Unis, on le voit en France et en Europe. Quelque part, le terrorisme sert des intérêts inavoués.


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