Oran - Revue de Presse

Le point



Quand justifier le caractère stratégique de l’Alliance ? C’est dans les moments cruciaux où se joue leur avenir au pouvoir que les partis de l’Al-liance ressoudent leur unité, construisent une cohérence, qu’ils n’ont pas en réalité, et les trois, tous ensembles, sillonnent le pays pour vendre l’image de soutien à un mandat présidentiel, de celui qui leur permet, bien sûr, de continuer à graviter autour du pays, position plus confortable que celle que permet le stationnement dans l’opposition. Ainsi, dans des moments pareils, s’explique le rajout du concept de stratégique à celui de l’alliance. Si trois partis, le FLN, le RND et le HMS ont décidé d’une alliance dite stratégique pour réduire leurs divergences, ne pas en faire des éléments d’incompatibilité, ne pas diverger sur les sources des périls pour ne pas avoir à diverger, non plus, sur le traitement de ces sources, pour s’ériger ou plutôt tenter de s’ériger en pôle de puissance, quels que puissent être les résultats obtenus jusque-là, il semble qu’entre les partis d’opposition, les distances politiques devraient être assez grandes pour leur interdire un rapprochement durable. Il apparaît bien, quand même, qu’au sein de l’alliance il y ait une volonté à maintenir celle-ci une et indivisible à l’occasion des grands événements, bien que pour nombre d’observateurs il n’en demeure pas moins que les échanges de propos peu aimables avaient pu prêter à quelques lectures avec pour implication de la discréditer quelque peu, d’introduire des éléments de vulnérabilité de sa cohésion et de jeter un certain trouble au sein des populations, ce qui aurait eu pour effet de ne pas permettre aux trois partis qui la composent de pouvoir prétendre à jouer pleinement le rôle de médiateurs dans le cas de frondes sociales. Un consensus au sein de l’alliance autour des enjeux de pouvoir, d’autant que les partis qui la composent savent très bien qu’individuellement ils risquent de ne pas peser beaucoup? C’est la mission naturelle pour chaque parti qui se constitue que de vouloir accéder ou demeurer au pouvoir, et parfois même par des coalitions inimaginables tant sont grandes les incompatibilités entre leurs programmes. La question qui devrait se poser est de savoir pourquoi il n’y a pas une telle alliance au sein des partis de l’opposition qui se laissent laminer par leur impossibilité à constituer un front pour réduire, au moins, leurs vulnérabilités. Leur position est si faible en terme de rapports de force que nous ne sommes pas du tout dans la situation où il faudrait absolument que les pouvoirs publics, le président plus particulièrement, tiennent compte de leurs avis pour prendre toute décision qui engagerait l’avenir du pays. Il est connu et bien connu même que, d’une part, ces partis ne peuvent pas faire bouger les populations pour faire sortir celles-ci dans la rue et procéder à une sorte de «révolution orange» car les populations échappent tout à fait à leur contrôle et à leur influence, et que, d’autre part, ces partis n’arrêtent pas de jouer au balancier entre l’inefficacité de l’action isolée et l’impossibilité de l’action concertée. Bachir Medjahed
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