Oran - Revue de Presse

Le grand a écart de la politique US



La tension est montée entre les Etats-Unis et la Bolivie soutenue par sonvoisin, le Venezuela. Ces deux derniers pays ont pris la décision d'expulserles ambassadeurs américains en poste dans leurs capitales. En réaction, Washingtonen a fait de même à l'égard de leurs représentants diplomatiques. La toile defond de cette détérioration des rapports entre Washington d'une part et La Pazet Caracas de l'autre en est l'état insurrectionnel qui prévaut en Bolivie, oùde violentes manifestations ont éclaté dans les provinces du nord du pays àl'instigation de leurs gouverneurs qui, opposés à la politique du président Evo Morales, revendiquent le droit à «une autonomie» quin'exclut pas le «droit de faire sécession» du reste de la Bolivie.

Non sans raison, Morales accuse les Etats-Unis d'êtreimpliqués dans les événements qui secouent son pays et menacent son uniténationale. Le président vénézuélien Hugo Chavez les accuse lui de fomenter uncomplot contre lui. Les relations entre les trois capitales américaines sonttendues depuis les arrivées au pouvoir de Chavez au Venezuela et de Morales enBolivie. Et de fait, Washington s'est rangé ouvertement aux côtés de leursoppositions nationales respectives, en les encourageant ostensiblement àprovoquer la chute de ces deux dirigeants «coupables» de prôner et depoursuivre des politiques antinéolibérales etremettant en cause l'hégémonie des Etats-Unis s'exerçant sur l'Amérique du Sud.

Dans le cas de la Bolivie, les Etats-Unis sont en totalecontradiction avec le principe dont ils veulent imposer le respect à la Russie dans la crise duCaucase. Celui de l'unité de la Géorgie confrontée aux séparatismes des régions Abkhazie etOssétie du Sud. Dans le premier cas, Washington a pris fait et cause pour legouvernement géorgien présidé par Mikheïl Saakachvili et ne reconnaît aucune justification auxraisons qui ont donné naissance aux mouvements séparatistes. Dans le second, ilsjettent le feu sur les braises de la tentation séparatiste qui se manifeste enBolivie en réaction à la volonté d'Evo Morales derefondre par voie constitutionnelle l'organisation et le fonctionnement de larépublique bolivienne dans un sens moins marginalisant pour ses compatriotesd'origine indienne.

Ce grand écart dans la position américaine, selon qu'ils'agit de la Géorgieou de la Bolivie,confirme si besoin était que Washington n'intervient pas dans le monde pourdéfendre des causes en se basant sur des principes immuables et valables quelleque soit la région où ils le font. Quel argument autre que celui de «zoneréservée» Washington opposera-t-il à la Russie de Medvedev si celle-ci décide à son tourde soutenir activement le président bolivien EvoMorales et l'unité de son pays ?

En tout cas, le regain de tension qui affecte les relationsdes Etats-Unis avec la Bolivieet le Venezuela démontre qu'il n'y pas que la Russie à avoir des prétentions impériales. L'Amériqueest prête à bafouer tous les dogmes de démocratie et de liberté des peuplespour maintenir son empire dont l'Amérique du Sud a de tout temps fait partie.


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