Oran - Revue de Presse

Le cinéaste Djamel Bendeddouche à la Cinémathèque d’Oran



Première de la projection d’«Arezki l’indigène» Ils étaient nombreux les cinéphiles oranais qui s’étaient déplacés, jeudi après-midi, à la cinémathèque pour saluer la présentation, par le réalisateur Djamel Bendeddouche, de son dernier film «Arezki l’indigène», projeté en première à Oran. En cette heureuse cir-constance, la salle répertoire devait ainsi renouer avec une saine tradition de rencontre-débat autour d’un film, initiée chaque fois que faire se peut, entre public, réalisateur et comédiens. «Arezki l’indigène», produit en 2007 dans le cadre d’Alger, capitale de la culture arabe, récemment couronné de l’Olivier d’or à la huitième édition du film amazigh qui s’est déroulée, du 9 au 13 janvier à Sétif, retrace le combat tragique dans les montagnes de Kabylie, à la fin du siècle dernier, du bandit d’honneur Arezki Bachir qui, outré par toutes les formes d’injustice de l’administration coloniale, sera appelé à prendre les armes contre elle. Initié, dès son jeune âge, au maniement des armes et à l’insurrection, par son père El Bachir qui a participé à la révolte d’El Mokrani en 1871, Arezki le rebelle (admirablement campé par le comédien Aït Ali Belkacem Salem) mènera des actions punitives contre les représentants de l’administration coloniale et ses séides, notamment les caïds et les chefs de village, pour venger leurs crimes et traîtrises et apporter son secours aux plus faibles. Pour ce film qui lui a exigé deux pleines années de recherches, Djamel Bendeddouche évitera de se laisser aller au portrait hagiographique d’Arezki qui en ferait un héros de légende, Djamel Bendeddouche choisira de narrer son récit à travers le témoignage et les écrits objectifs d’une jeune journaliste française Albertine (Céline Mauge) qui débarque en Kabylie pour se recueillir sur la tombe de son père tué au combat. Là, elle sera subitement confrontée à une dure et amère réalité, faite d’injustice, d’expropriation et d’exploitation des indigènes, à l’opposé de tous les discours de propagande qui avaient cours en métropole. En dépit des tergiversations de ses employeurs, elle s’attellera à consigner sur son journal la chronique des événements et du combat de cet homme qui a choisi de résister quitte à sacrifier sa vie. Aidée dans sa démarche par Rosa la chrétienne, fille d’une espagnole et de Abdoun, un autre rebelle évadé du bagne de Cayenne, Albertine rencontrera à maintes reprises l’homme, qui suscite toute son admiration et dont elle s’éprendra. Elle tentera en vain de le dissuader de sa révolte mais Arezki continuera son combat jusqu’à sa capture et acceptera stoïquement le verdict de ses bourreaux, la guillotine. Au cours du débat qui suivra la projection, les intervenants seront unanimes à reconnaître la beauté et la sobriété du film et rendront hommage à Djamel Bendeddouche de les avoir réconciliés avec un pan d’histoire en ressuscitant de l’oubli l’image de ce héros populaire. G. Morad
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)