Des enfants, pas plus hauts que la poubelle, fouillent de leurs petites mains déjà esquintées d'avoir trop travaillé. Ils cherchent. Ils espèrent trouver l'objet de leur convoitise. Inquiets de ne pouvoir rien trouver. «El-miziria feddar. Mon chibani a besoin de moi pour l'aider. Allah ghaleb !» Ce pays, qu'a-t-il fait ? Plutôt que n'a-t-il pas fait ? Les bancs d'école sont désertés sans que l'administration s'en inquiète. Et pourtant, en face de l'Académie, les poubelles sont retournées par ces enfants qui ne sont plus à l'étude. Ces nouveaux créneaux professionnels destinés aux enfants de pauvres des grandes villes. Ça arrange tout le monde. Le bien-pensant l'utilise pour garder sa voiture. Après tout, il fait une bonne action: il aide quelque part ce gamin à gagner honnêtement la croûte de la maisonnée. C'est mieux ainsi. Il n'ira pas voler ! L'arnaqueur profite de lui comme au temps de l'esclavagisme. Dans ce café sans fée, l'enfant passe toute sa journée à «larbiner». Main-d'oeuvre bon marché. On ne lui donne pas la main mais du travail ingrat qu'on n'aimerait pas voir réalisé par nos enfants. Le profit. On fait fi des principes. Il faut bien que tout le monde s'y retrouve. Ces enfants. Tous ces enfants. C'est le bled de demain. Qu'auront-ils retenu de leur vie de labeur à l'âge adulte ? Rien. Seulement des histoires de journées rentables qui ont fait la joie de la famille. Rêves. Bonheur. Leurs grands yeux. Leur peau halée. Pourtant, la misère est là. Las. L'étau se resserre toujours un peu plus. Empêchés de respirer. L'enfant devient un diable. L'ange n'est plus. C'est quand la journée de l'enfant ? Un jour, il célébrera la fête des pères.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Par El-Guellil
Source : www.lequotidien-oran.com