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«LAMRI SHOW» ,UNE RAMADANESQUE Les chaînes privées annoncent la couleur



Pour les nouvelles chaînes privées, certes expatriées et non encore agréées, le Ramadan est peut-être l'occasion de sortir du bricolage et d'aller vers un peu plus de professionnalisme, de donner plus de consistance et de crédibilité à leur programme de divertissement notamment.
C'est le cas de Annahar TV qui, avec son émission «Lamri Show» veut séduire le téléspectateur algérien et prétendre à une part d'audience. En prévision du mois sacré, cette télé (qui est le prolongement du journal arabophone auquel elle appartient) se soucie d'étoffer sa grille pour ne plus ressembler à une coquille vide. Le «Lamri Show» est donc une première, un test pour des ambitions futures. Il s'agit d'une émission humoristique d'une durée de treize minutes, qui sera diffusée chaque soir en prime time, dix à quinze minutes après le f'tour. En tout, trente numéros de comédiens et humoristes (des sortes de monologues) censés attirer et fidéliser le public pour concurrencer les autres chaînes. Rencontré ces derniers jours en plein tournage et enregistrement, le concepteur de l'émission paraissait stressé et quelque peu débordé. Le comédien Lamri Kaouane doit en effet programmer, préparer et diriger les nombreux artistes venus d'un peu partout. Chacun va monter sur scène pour un, deux ou trois numéros de rire et de bonne humeur. Lamri Kaouane lui-même y met du sien et interprète son numéro. Pas facile d'alterner tous ces minishows en l'espace de quelques journées. Mais tout finit par rentrer dans l'ordre au deuxième jour, et on enchaîne les prestations dans une ambiance plus détendue. Le sourire retrouvé, Lamri Kaouane nous parle de son spectacle : «Au départ, la chaîne Annahar TV m'avait sollicité pour une émission humoristique. J'ai accepté la proposition et commencé à contacter des comédiens qui se trouvent un peu partout en Algérie. Jusqu'à maintenant, j'ai pu en réunir une quinzaine. Il y en a qui interprètent leurs propres textes, sinon c'est moi-même qui leur compose le texte. Nous avons, par exemple, Djahid Eddine de Sidi-Bel-Abbès, Hamid Gouri de Annaba, Samy Allam de Azazga, Mourad Medjrane de Tablat, Sofiane Attia de Bordj-Bou-Arréridj, Tounès de Paris, Sifou de Skikda, Mihoubi et Samir Zemmouri d'Oran... Ils sont nombreux, et c'est pour cela que je considère cette émission comme étant un festival du rire. Un festival télévisé.» Il est vrai que tous ces jeunes artistes ont beaucoup de talent et méritent d'être encouragés. Parmi les humoristes que nous avons eu la chance de voir se produire, Samir Zemmouri (le seul autodidacte, un Kabyle d'Oran qui s'exprime en langage algérois «pour être compris du plus grand nombre») et Mourad Medjrane (un authentique Tablati, accent du bled et talent fou). Les téléspectateurs sauront apprécier et iront de découverte en découverte. À la fin, beaucoup vont d'ailleurs se dire que l'Algérie possède là un véritable réservoir d'humoristes, une mine de jeunes comédiens qu'il serait temps d'exploiter. Assurément, l'idée de cette émission est judicieuse. «En fait, précise Lamri Kaouane, l'idée remonte à trois ans. J'avais alors développé le concept, mais on me l'a volé cette année. Je n'ai pas voulu réagir, considérant que je n'ai jamais été en panne d'idées.» Quant à savoir si les trente numéros sont des monologues ou des one man shows, il souligne que ce sont bel et bien des one man shows. Et d'expliquer : «Le monologue est une pièce jouée par une seule personne, dans le respect des normes du théâtre ; il peut être comique ou tragique (ou les deux, et c'est le mélodrame). Le one man show, lui, est essentiellement basé sur l'humour. En plus de l'interactivité avec le public -qui devient un autre personnage dans le spectacle-, le show offre plus de liberté et d'improvisation au comédien.» À noter que «Lamri Show» a été tourné au siège de l'association du cinéma Lumières, à Alger. La réalisation, la post-production et l'équipe technique relèvent de l'association. Amar Rabia, réalisateur, précise à ce sujet : «C'est notre première expérience du genre avec la chaîne Annahar. Ils nous ont fait confiance et j'espère que les téléspectateurs ne seront pas déçus.» Quoique peu médiatisé, Lamri Kaouane est un comédien confirmé. Il a une longue expérience dans le quatrième art, s'étant surtout spécialisé dans le monologue. Après les premiers pas dans le théâtre amateur à Sétif, des participations avec sa troupe El-Affak au Festival du théâtre amateur de Mostaganem à partir de 1983, il fréquente les grands noms du théâtre professionnel. Il a notamment travaillé avec l'auteur Azzedine Mihoubi, dirigé le théâtre municipal de Sétif de 1998 à 2003. «C'est à partir de 1998 que j'ai commencé à travailler sur le monologue. C'est un choix, car ce genre manque sur la scène algérienne», fait-il observer. Il y a dix ans, en 2002, Lamri Kaouane avait représenté l'Algérie en Espagne et en France dans le cadre du Festival international du monologue. Le public aura tout le loisir d'apprécier son talent durant le mois de Ramadhan. Et s'il ne joue pas luimême, le téléspectateur averti saura tout de suite reconnaître les textes écrits pour les comédiens. Car notre spécialiste du monologue maîtrise parfaitement l'art de délivrer des messages, ou encore, l'art de la subversion par le rire, les gags et les situations hilarantes. Un bon digestif après le f'tour.
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