Oran - A la une

La tentation du "coup de force" '



C'est à se demander jusqu'où ira ce qui s'apparente à un dialogue de sourds : alors que le mouvement, dont on a parié à tort sur l'essoufflement, se montre de plus en plus déterminé à faire aboutir ses revendications, le "pouvoir de fait" qu'incarne l'institution militaire semble plus que jamais attaché à l'unique solution qui vaille à ses yeux : l'organisation dans les "plus brefs délais" de l'élection présidentielle. Malgré un contexte politique défavorable, une hostilité affichée ouvertement par des millions de citoyens chaque vendredi contre la tenue d'un scrutin avec les "artisans de la fraude", toujours au pouvoir, une propension de plus en plus affirmée au verrouillage et la persistance de la crise de confiance, le pouvoir, de plus en plus fébrile, s'accroche à l'option de la présidentielle. Critiquée dès son installation, confrontée au rejet de la population, comme on a pu le voir à Chlef, à Oran, à Bouira et hier encore à Boumerdès, la commission de dialogue et de médiation s'est, elle aussi, inscrite dans l'agenda du pouvoir. Après avoir abandonné les "préalables", dont la libération des détenus d'opinion et la levée des entraves à l'exercice des libertés, présentés comme nécessaires pour l'amorce d'un dialogue sérieux, la commission a fini par se résoudre à s'atteler à une mission principale : la mise en place d'une commission indépendante d'organisation de l'élection présidentielle. "Lors de ses rencontres avec tous les acteurs politiques, les personnalités, la société civile, les représentants des organisations syndicales et professionnelles et nombre de citoyens, l'INDM (instance nationale de dialogue et de médiation) a soumis d'importantes propositions pour dépasser cette situation difficile, notamment la préparation du projet d'amendement de la loi organique relative à l'élection et du projet de loi pour la création d'une autorité nationale indépendante chargée de l'organisation d'une élection transparente et régulière", a indiqué samedi le coordonnateur du panel, Karim Younès. Histoire sans doute de crédibiliser son action, le panel a réclamé de nouveau le départ du gouvernement Bedoui. Cette annonce du panel, qui se veut pourtant indépendant, intervient dans la foulée de la sortie d'Ahmed Gaïd Salah qui répétait, depuis Oran, l'urgence de l'organisation de l'élection présidentielle dans les plus brefs délais. "Bien au-delà, la logique impose que la préparation de cette élection commence dans les semaines à venir parce que le temps ne joue pas en notre faveur, comme nous l'avons souligné à maintes reprises, et parce que tout ce que nous avançons est basé sur des informations avérées et des données fiables qui confirment toutes que c'est le choix le plus sûr et le plus adéquat pour sortir de la crise actuelle", a dit Gaïd Salah, insistant sur "l'impératif d'accélérer le processus d'installation de l'instance nationale indépendante pour la préparation, l'organisation et la surveillance de l'élection présidentielle qui représente une garantie essentielle pour surpasser la situation actuelle". Difficilement contenue, cette fébrilité, qui s'est emparée du pouvoir, laisse à penser qu'un "passage en force" n'est pas à exclure. De quelle nature ' Comment ' Rien ne permet, pour l'heure, de se hasarder à quelque prédiction. Seuls indices : le verrouillage de plus en plus prononcé, comme ont pu le constater les Forces de l'alternative démocratique dont la convention n'a pas obtenu l'autorisation, tout comme l'université d'été de l'association RAJ. Mais aussi le redéploiement en catimini des partis de l'alliance. Quant à beaucoup de médias, cela fait longtemps qu'ils sont déjà en ordre de bataille. Est-ce pour autant suffisant pour contraindre un peuple à renoncer à manifester et dont la principale revendication n'est pas de changer les personnes, mais le système à l'origine du désastre actuel ' Assurément, les prochaines semaines s'annoncent décisives.
Karim K.
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