Des sujets tels que l'héritage, le mariage, le divorce, les crédits bancaires doivent être mis en avant dans les programmes.Les programmes de l'éducation islamique doivent s'inspirer du vécu de la société. C'est l'idée maîtresse qu'a dégagée hier le débat suivant les interventions des conférenciers intervenant dans la matinée du second jour du Congrès international autour de l'enseignement de l'éducation islamique dans les établissements scolaires, organisé par le Haut Conseil islamique (HCI) à Alger. «Cette façon est la seule méthode avec laquelle un enseignant peut intéresser un élève et lui transmettre le message», a souligné Ibrahim Hamdaoui professeur à l'université de Kenitra, au Maroc, lors de son intervention. «Les nouvelles générations ne sont pas intéressées par les discours creux et encore moins par les histoires virtuelles», fera-t-il remarquer. Pour être pragmatique, le professeur a préconisé d'enseigner des sujets tels que l'héritage, le mariage, le divorce, les crédits bancaires, etc. Pour le conférencier, ce n'est que de cette façon que l'on peut former des générations en phase avec la société et la mondialisation. Intervenant pour sa part Nouredine Essafi, enseignant à l'université de Tunis, a indiqué dans sa conférence que le programme de l'éducation islamique ne doit pas avoir uniquement comme objectif l'éducation des élèves sur le plan moral. «Celui-ci doit avoir comme ambition première la formation des générations, compatible avec les objectifs globaux de l'Etat.» Le programme de l'éducation islamique doit être un projet de la nation», a-t-il tranché, faisant porter la cause à beaucoup de maux caractérisant le monde musulman sur le dos des programmes enseignés jusque-là dans cette matière. De son côté Saâd Ghaleb, enseignant de l'éducation islamique à l'ENS de Bouzaréah, a plaidé dans son intervention le fait que la matière de l'éducation islamique soit enseignée exclusivement par des enseignants formés dans cette matière, et ce, à travers tous les paliers.
«C'est le fait d'avoir permis à tout le monde d'enseigner l'éducation islamique, qui a fait que l'islam est devenu étranger dans son propre territoire», a-t-il déploré. En ouvrant le débat, de nombreux intervenants ont mis l'accent sur le fait que l'extrémisme et le terrorisme ne sont pas le résultat, comme certains tentent de le faire croire, des programmes de l'éducation islamique enseignés jusqu'ici. «L'extrémisme est le résultat de la perte des valeurs dans la société et les programmes enseignés par l'école dans toutes les matières », se sont accordés à dire plusieurs intervenants, relevant particulièrement le fait que l'école n'a pas formé uniquement dans les années 1990 des terroristes, mais aussi des voleurs et des agresseurs. Prenant la parole Bouabdallah Ghalamallah, président du HCI, a indiqué qu'il ne faut pas faire porter l'extrémisme et l'avènement du terrorisme uniquement sur le compte des programmes de l'éducation islamique. «Quand bien même ces programmes ne sont pas tout à fait innocents dans ce qui s'est passé en Algérie et dans ce qui se produit à présent dans le monde musulman, l'extrémisme s'est épanoui également parce qu'il y a dans le monde, de nos jours, des organisations qui l'encouragent. «Le terrorisme en Afghanistan, en Syrie, en Irak est le résultat des projets de ces organisations ennemies et hostiles dans leur grande majorité à l'islam», a fait observer l'ex-ministre des Affaires religieuses. Répliquant pour sa part aux enseignants qui recommandent l'enseignement de l'éducation islamique uniquement par des enseignants spécialistes, une inspectrice des programmes scolaires au ministère de l'Education nationale a fait savoir que la démarche de ce ministère est réfléchie. «Ce dernier ne vise pas à former dès le primaire et le moyen, les élèves dans cette matière, mais il veut seulement leur apprendre quelques notions et concepts susceptibles de leur permettre de comprendre l'enseignement de cette matière par des enseignants spécialistes, au secondaire». D'autres intervenants ont soulevé aussi la problématique de l'enseignement de l'éducation islamique pour tous les Algériens, de la même manière. «Il y a des particularités régionales qui doivent être prises en compte dans l'élaboration des programmes de cette matière».
Appel en France à modifier le Coran
La réplique de Mohamed Aïssa
Le ministre des Affaires religieuses et des Waqfs, Mohamed Aïssa, a réagi hier à l'appel de 300 personnalités en France à expurger le Coran de certains versets en commençant par préciser que l'appel en question n'est pas celui de la France officielle. «Ce n'est pas la France qui a fait une telle demande. Il y a des intellectuels en France, qui trouvent des soutiens dans le Monde arabe et musulman, y compris en Algérie, qui incitent à instituer un islam moderne, pour lequel ils veulent un Coran moderne. Ils songent à expurger le Saint Coran des versets qui concernent notamment le système de défense en islam et le système pénal dans la religion musulmane», a expliqué Mohamed Aïssa, avant d'affirmer qu'une telle initiative est vouée à l'échec. «Cette demande butera sur le mur de l'authenticité des ouléma de l'islam et le refus de son élite intellectuelle et savante ainsi que sur cette vérité qui veut que le Saint Coran soit préservé par Dieu et que personne ne pourra le changer.»
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Madjid
Source : www.lexpressiondz.com