Oran - A la une

L'indifférence meurtrière



L'Algérie a grand besoin de construire sereinement son avenirLe «gratin» de la société semble tourner le dos à...la société. Les gens de culture, les penseurs, les sociologues, les politiques ou encore les leaders du mouvement associatif qui ont pour mission essentielle de produire le savoir, refléter, par leurs oeuvres, créations et paroles, les préoccupations de la société et traduire ses besoins, ses attentes et ses rêves, ont déserté le terrain.
Sur les réseaux sociaux, dans les cafés, les salons de coiffure ou encore les fêtes et les enterrements ou tout autre lieu de rencontre des citoyens lambda, les discussions vont bon train sur les grèves qui secouent le pays, la présence accrue des migrants, le différend commercial qui oppose l'Algérie à l'Union européenne, l'importation de la viande française ou encore sur la dernière provocation et atteinte à l'islam et aux musulmans émanant de l'Hexagone. Qu'est-ce qu'il y a de plus normal pour un citoyen que de débattre de choses qui le touchent directement. Cependant, cette conquête de la parole et de l'espace qui a donné naissance aux débats publics, ne peut nullement se faire bruyante si elle n'est pas portée par un leader qu'il soit homme public, intellectuel de renom, animateur de la société civile ou acteur politique. Or, en Algérie, sur cette question, le constat est sans appel. Le «gratin» de la société semble tourner le dos à...la société. Les gens de culture, les penseurs, les sociologues, les politiques ou encore les leaders du mouvement associatif qui ont pour mission essentielle de produire le savoir, refléter, par leurs oeuvres, créations et paroles, les préoccupations de la société et traduire ses besoins, ses attentes et ses rêves, ont déserté le terrain. Par fatalisme ou inaptitude et faiblesse' Il est à se demander comment un intellectuel, un homme politique ou un représentant de la société civile puisse déroger à sa fonction critique d'examiner des faits sociaux ou politiques. Car, le rôle premier de l'élite d'une nation, c'est d'éclairer l'opinion publique, de prendre position pour défendre les aspirations de la société, mais aussi les intérêts du pays. Il s'agit là de faire preuve du sens de la responsabilité civique et civile. Que fait notre élite' Malheureusement rien. Cette année, les établissements scolaires ont été paralysés pendant plus de trois mois, des milliers d'élèves ont été pris en otage et ce n'est pas la première fois. Récurrente, la grève au sein de l'éducation et sa répercussion sur l'enseignement dispensé, ne semble pourtant nullement préoccuper nos formations politiques, ni nos associations de parents d'élèves. La santé des citoyens également n'a pas sa place ni dans le discours politique, ni dans celui de la société civile. Le pourrissement qui a gagné le secteur ne mérite-t-il pas une mobilisation' Doit-on enregistrer les premiers décès, une fois que les hôpitaux seront totalement paralysés, pour avoir droit à des critiques concernant la gestion du gouvernement de ce conflit' L'élite ne peut-elle pas proposer une sortie de crise ou appeler les médecins à respecter leur serment d'Hippocrate' Et que font nos leaders politiques' Pourquoi restent-ils tapis dans le noir alors que l'Algérie est accusée de profilage ethnique et de racisme' Pourquoi ne répondent-ils pas aux Sarkozy, Valls et autres Bernard-Henri Levy alors que ces derniers, effrontément, ont commis un «pêché capital» en appelant à expurger le Saint Coran de certains passages' Et il est à se demander maintenant si l'élite intellectuelle algérienne, les hommes politiques et la société civile, existent-ils effectivement' Si oui, comment et quand se manifestent-ils' Il semble bien que ces derniers n'ont de rôle que celui de figurants dans la société. Ces derniers doivent comprendre que ni les postes occupés ni les diplômes acquis ne font de leurs titulaires des «leaders», car n'est pas acteur réel de la société qui veut. Pour en être un, il faut qu'il y est réactivité et engagement. Deux attitudes qui se traduisent par une participation active aux diverses manifestations de la vie sociale et par des prises de position sur tel ou tel sujet politique ou social considéré comme «chaud». L'acteur engagé ne peut être une personne «neutre», mais quelqu'un qui observe et scrute les pulsations de la société aux fins d'essayer de déterminer le mal de son organisme et de suggérer le remède possible. L'Algérie a grand besoin de tels acteurs dont seul l'engagement sincère va lui permettre de construire sereinement son avenir.
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