Photo : Riad
De notre correspondant à Oran Samir Ould Ali
Il y a quelques années, soit en septembre 2006, des représentants de la culture à Oran -dont Rabéa Moussaoui, fraîchement installée à la tête de la direction de la culture, Hadj Bensalah, à l'époque responsable de la Cinémathèque, et Azri Ghaouti, directeur du théâtre Abdelkader-Alloula- avaient animé une conférence de presse au cours de laquelle ils avaient, en substance, déploré l'absence d'une politique de promotion de la culture, le mépris affiché par les autorités locales à la question culturelle et le manque cruel de moyens matériels qui interdisaient toute velléité de création artistique. Depuis, le ministère de la Culture semble avoir ouvert les vannes et toutes ces personnes (exception faite de Hadj Bensalah qui est parti à la retraite) reconnaissent que l'écueil financier a été levé et que le «travail se fait dans de meilleures conditions».
Mais même si -de l'avis de la majorité- la qualité est rarement au rendez-vous et que les événements culturels majeurs qui se tiennent périodiquement dans la capitale de l'Ouest souffrent régulièrement des mêmes dysfonctionnements et des mêmes insuffisances, aucun animateur majeur de la culture à Oran n'est jamais monté au créneau pour exiger une meilleure qualité. La revendication reste donc d'ordre matériel -alimentaire, estiment certains- et la libération des initiatives, la levée de cette interdiction tacite qui empêche la différence de s'exprimer dans les établissements culturels et les pousse vers la clandestinité, voire l'étranger, ne rentrent pas encore en ligne de compte des préoccupations de ces gestionnaires. «Aucune espèce de soutien ou d'encouragement n'est proposée aux dizaines de groupes de musique qui existent sur la place d'Oran. Nous sommes toujours obligés de nous démener pour organiser un concert ou n'importe quelle manifestation artistique», nous confiait, il y a quelques temps, Rafik, guitariste au sein d'un groupe de musique amateur.
Cette allergie institutionnelle à l'expression culturelle libre dont les jeunes continuent de pâtir, est davantage ressentie par les artistes amateurs inscrits dans la revendication et la dénonciation. Egalement en marge d'une société , qui reste toute de même fortement ancrée dans la tradition et le conservatisme, ceux-ci ont recourt à la Toile pour laisser exploser leur colère et leur ressentiment : violence, harga, hogra, corruption, pouvoir' figurent parmi les thèmes de prédilection des dizaines de clips, souvent enregistrés avec les moyens du bord, que tout un chacun peut consulter à loisir sur les réseaux sociaux et les plateformes de partage. Et quand bien même ils ne sont consultables que par quelques centaines de visiteurs, cela vaut sans doute mieux que l'anonymat des caves d'immeubles ou des cabarets dans lesquels étaient confinés leurs aînés des années 80 et 90.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : S O A
Source : www.latribune-online.com