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La pédagogie, un atout pour le patrimoine à faire jouer



La pédagogie, un atout pour le patrimoine à faire jouer
Photo : Sahel
Par Hassan Gherab
Avec l'institution des Secteurs patrimoniaux sauvegardés et l'Agence nationale qui en prendra la charge (sa mise en place n'est pas encore effective), une partie du patrimoine architectural algérien est promis à une bonne prise en charge. Grâce à ce texte de loi, les différents acteurs concernés seront impliqués et auront toute latitude pour assumer leur responsabilité en intervenant quand la nécessité l'exigera et où elle se fera ressentir. Autrement dit, les autorités locales auront le pouvoir décisionnel pour autoriser et superviser tous les travaux et aménagements qui seront entrepris par toute institution et/ou administration dans le périmètre du Secteur sauvegardé. Ainsi, aucune construction ou réhabilitation ne pourra être engagée si elle ne respecte pas le cachet architectural du bâti originel, et l'Agence est chargée de faire respecter cette harmonisation.Mais tout ça ne concerne que le patrimoine situé dans le périmètre du Secteur sauvegardé. Qu'en est-il des sites, monuments et autres biens patrimoniaux qui n'ont pas cette chance ' Là, la responsabilité des autorités locales est encore plus engagée. Car, si un site n'est pas classé, il leur appartient de constituer le dossier pour qu'il le soit. La classification acquise, elles pourront dès lors faire valoir le décret exécutif 03-323 du 5 octobre 2003 portant modalités d'établissement du Plan de protection et de mise en valeur des sites archéologiques (Ppmvsa) et de leur zone de protection. Ce plan fixe les règles générales et les servitudes applicables au site archéologique et à sa zone de protection, dans le respect des dispositions du Plan directeur d'aménagement et d'urbanisme (Pdau). Ainsi, si le site et sa zone de protection sont compris dans le Plan d'occupation des sols (POS), ce dernier devra respecter les prescriptions établies pour le site et sa zone par le Ppmvsa. Le décret ira plus loin en intégrant tous les projets immobiliers introduits avant la mise en place du Ppmvsa, mais situés dans la zone de protection du site patrimonial. Les demandes de permis de construire, de lotir ou de démolir, et les demandes d'autorisation pour travaux de modification, d'aménagement et/ou de réaménagement de tout ou partie d'immeubles inclus dans la zone de protection peuvent ainsi faire l'objet d'une décision d'un sursis, sauf si ces projets ne sont pas contraires aux invalidations édictées par le Plan de protection et de mise en valeur des sites archéologiques. Encore une fois, ce n'est là qu'un texte, que la réalité dément souvent. On a vu tant de responsables locaux tourner le dos aux sites patrimoniaux situés dans leur villes ou wilaya qu'on ne peut croire qu'il suffirait d'un décret, ou même plusieurs, pour que ça change. En fait, le véritable travail à mener, aussi bien avant l'élaboration des lois qu'après leur instauration, est un travail de pédagogie. Il s'agira d'éduquer et de sensibiliser pour changer ces mentalités qui ne voient dans les sites archéologiques que des tas de pierres occupant des assiettes foncières qui seraient plus utiles pour la construction d'usines ou de logements. Difficile de lutter contre l'ignorance avec des textes. L'éducation doit aplanir le terrain d'abord.


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