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La justice du plus fort



La justice du plus fort
Scènes inimaginables, hier, à l'Ecole de police, au nord du Caire, où comparaissait l'ancien président Hosni Moubarak, ainsi que ses deux fils et son ancien ministre de l'Intérieur, devant le procureur au premier jour de son procès.
Retransmis en direct par plusieurs chaînes d'information en continu, ce procès est vécu par les Egyptiens comme un épisode majeur de la «révolution du 25 janvier», qui avait conduit à la chute du régime Moubarak. Il doit aussi marquer une nouvelle étape dans le processus de redressement et de stabilisation, toujours aussi précaire, entamé par le commandement de l'armée, et doit, ainsi, servir de gage de crédibilité pour le nouveau gouvernement qui peine à démarrer. Hosni Moubarak a rejeté les accusations d'homicides par préméditation portées contre lui par le procureur. «Je rejette entièrement toutes ces accusations», a déclaré l'ancien chef d'Etat alité sur une civière dans le box des accusés, dont c'est la première déclaration publique depuis l'annonce de son départ le 11 février dernier. Ses deux fils, Gamal et Alaa, qui tenaient dans leurs mains des copies du Coran, ont fait de même. Le procureur avait auparavant estimé que l'ancien raïs avait «eu l'intention de tuer de nombreux manifestants dans plusieurs gouvernorats qui protestaient pacifiquement contre la détérioration de leurs conditions de vie». Officiellement, il y a eu 840 morts dans les événements ayant précédé le départ de Moubarak. Beaucoup ont été tués sur la célèbre place Tahrir, où se déroulaient de façon ininterrompue des rassemblements de contestation. Le procureur a notamment accusé Moubarak d'avoir donné l'autorisation à l'ancien ministre de l'Intérieur, Habib al Adli ' qui comparaissait hier en même temps que lui ', de tirs à balles réelles sur les manifestants. Moubarak a également été inculpé pour corruption et dilapidation de fonds publics. S'il est reconnu coupable, il risque d'être condamné à perpétuité, d'après les avocats. Ce que ces derniers tenteront de lui éviter, en se faisant valoir les circonstances atténuantes. La première journée du procès s'est achevée en début d'après-midi. Il devrait reprendre le 15 août prochain. Un feuilleton qui risque de durer tout l'été, et de tenir en haleine les Egyptiens qui ne réalisent pas ce qui se déroule sous leurs yeux. La fin d'une époque Avec sa comparution devant la justice de son pays, et dans cet état pathétique qu'il est apparu, c'est toute une ère politique qui vient d'être close, symboliquement, pour l'Egypte. Les nouveaux maîtres du pays, à l'image des dirigeants américains en 2003 lors du jugement de Saddam Husseïn, voudraient faire de ce procès celui d'un régime politique autocratique, en trouvant là l'occasion de rappeler ses tares et ses crimes, dans l'espoir de gagner en crédibilité, en ces temps d'incertitude. Cela servirait surtout à redonner confiance aux Egyptiens qui commencent à douter sérieusement de l'avenir de leur pays, avec la persistance de la confusion qui règne depuis le départ de Moubarak : insécurité endémique, instabilité du gouvernement, le rôle ombrageux de l'armée, le péril islamiste, une crise économique insoluble, une réconciliation nationale à faire, et qui aurait pu prendre forme en graciant ' c'est bien l'occasion- un président déchu et gravement malade'
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