De notre correspondant à Oran
Samir Ould Ali
Si pour la grande majorité, les enfants partagent leurs moments de loisir entre Internet, la télévision, les sorties entre amis et les matchs de football, il en est qui consacrent un peu de leur temps libre à des activités culturelles comme la pratique de la musique, la lecture, ou le théâtre, activités qui avaient encore le vent en poupe il n'y a pas si longtemps, à l'époque des librairies, des salles de cinéma et des bibliothèques.«Aujourd'hui, il est bien difficile d'intéresser ses enfants aux bouquins, au dessin ou au théâtre. Internet et la télévision sont les seuls pôles d'attraction de mes deux enfants. Et il faut des trésors de patience à leur mère pour les amener à réviser leurs leçons, à prendre un livre de contes ou encore à aller courir un peu. Le fait qu'ils maîtrisent déjà plus ou moins bien le clavier et la souris de l'ordinateur est une maigre consolation !», regrette un père de famille, cadre dans une entreprise privée. Ce qui a poussé les parents à inscrire leurs chérubins de 12 et 15 ans dans une bibliothèque et dans une association culturelle locale «afin de tenter de les ramener sur terre», explique encore le père.Pour nombre de parents, il est, en effet, devenu assez compliqué d'encadrer des enfants de plus en plus libres et de moins en moins enclins à se laisser orienter, dans un contexte marqué par l'indifférence d'une société qui a tendance à laisser faire. Et beaucoup, eux-mêmes pris par les vicissitudes d'un âpre quotidien, ont baissé les bras, préférant consacrer leur énergie à assurer à leur progéniture le pain et le gîte plutôt qu'à les pousser à étudier, à consolider leur culture générale ou entretenir leur sens artistique. «Malheureusement, l'école et la société civile ne jouent pas leur rôle et restent spectatrices, quand elles ne sont pas actrices, dans la mise en danger des enfants», affirme un enseignant du secondaire qui estime que les enfants sont de plus en plus livrés à eux-mêmes et que les conséquences seront très lourdes à
supporter dans quelques années.Les efforts de certaines associations culturelles d'influer sur le comportement des parents et de leurs enfants semblent toucher en majorité des familles plus ou moins aisées ' en tout cas, à l'abri du besoin ' dont les parents, instruits et cultivés, sont déjà acquis à cette cause. «Le travail titanesque qui reste à accomplir doit se faire en direction des familles vivant en dehors des grandes villes, dans des régions encore enclavées, là où, par exemple, les moyens de se cultiver et de se distraire se résument à un estaminet», estime une psychologue.A Oran, ces localités dénuées de presque tout se comptent par milliers et les jeunes désirant rejoindre un semblant de civilisation doivent se rendre au chef-lieu de wilaya. «Comment espérer que les enfants et jeunes de bourgs comme Chehairia ou Ayayda pensent à élargir leur horizon alors qu'ils ne disposent de presque aucune infrastructure de loisirs et que leurs parents triment tous les jours '» se demande un habitant de la daïra de Bethioua, dont dépendent ces localités.Difficile, en effet, d'attendre de ces millions d'enfants et jeunes Algériens, issus des régions toujours oubliées par le développement, qu'ils pensent à autre chose qu'au foot et aux dominos.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : S O A
Source : www.latribune-online.com