Photo : S. Zoheir
De notre correspondant à Oran
Mohamed Ouanezar
Parler de passe-temps ou d'activités culturelles pour les enfants et les jeunes dans les cités et les communes revient à évoquer l'absence quasi totale de ce volet dans le chapitre des préoccupations de nos élus locaux et de leurs assemblées communales. Cela peut se confirmer en amont, à travers les programmes et les discours électoraux des candidats, lors des campagnes locales, notamment. Les centres culturels et les salles de cinéma restent inoccupés et vacants, malgré les fonds alloués au secteur de la culture par certaines communes.En fait, seule l'animation a droit de cité dans les programmes d'action des assemblées communales. Même les associations agréées et fréquemment subventionnées à partir du fonds des communes ne sont pas suivies, ni contrôlées sur le terrain. Les subventions sont utilisées à mauvais escient et les actions menées en parfait déphasage avec les données et les réalités du terrain. Aucune vision, non plus, dans ce sens et aucune politique de proximité culturelle également du côté de la Direction de la culture qui sombre dans un anachronisme béant. L'organisation d'une manifestation empruntée à nos voisins d'outre-mer, baptisée «la lecture en fête», a manqué d'un sérieux sens et signification. Car, pour fêter la lecture, il faut d'abord l'encourager et la vivifier dans tous les recoins relevant de sa compétence et de son autorité. Or, jusqu'à preuve du contraire, la Direction de la culture ou certaines associations qui lui sont chères ne disposent d'aucun atelier ou espace de lecture pour enfants. Seule une association locale, le Petit lecteur, peut se targuer d'être la pionnière et la seule qui s'emploie réellement à inculquer aux enfants adhérents l'envie et l'amour de la lecture. Du coup, la manifestation a pris des relents d'un coup de bluff et une parade partisane, plutôt qu'une activité purement culturelle.D'ailleurs, le programme des festivités de cette manifestation qui se voulait l'événement et qui a bénéficié d'une large médiatisation, semblait être une répétition prolongée d'actes et de scènes sans grande consistance. Côté impact, la caravane organisée n'a pas été d'un grand impact sur les enfants des quartiers et des communes de la wilaya. A peine si les organisateurs ont sillonné le centre-ville et ses alentours. Cela, pour dire que les organismes chargés de la culture et de l'art ne disposent d'aucune vision de long ou moyen terme pour prendre en charge les préoccupations culturelles et artistiques de nos enfants et de nos jeunes. La réalisation de deux belles bibliothèques communales dans les daïra d'Es Sénia et une autre à Boutlélis relance l'espoir quant à une prise en charge de ce côté primordial dans la vie de notre jeunesse et la prise en charge de ses préoccupations. Elles seront inaugurées ces jours-ci par le wali d'Oran.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : M O
Source : www.latribune-online.com