Oran - Revue de Presse

La culture islamique face aux défis modernes



La culture islamique face aux défis modernes Chakib Arsalane soutient que les causes du sous-développement des Musulmans sont : l’ignorance, la corruption des mœurs chez les princes et les savants, la complicité des esprits figés et des apostats. A ceux-ci, il a montré que l’islam est capable de répondre aux questions du temps présent, soulignant qu’en dépit d’une soit-disant faillite de la religion, les nations européennes restent attachées à leurs valeurs. Chakib Arsalane a sévèrement critiqué la catégorie des figés en expliquant qu’un esprit figé cause plus de tort à la nation qu’un apostat car le Musulman figé «conçoit l’islam comme une religion exclusivement spirituelle». «Le figé, dit-il, a déclaré la guerre aux sciences naturelles, aux mathématiques, à la philosophie et à leurs arts et métiers, arguant qu’elle est l’œuvre des mécréants. Pour convaincre les figés, il a puisé ses arguments dans quelques sourates qui exhortent à l’usage de la raison, à l’action et à la lutte contre cette paresse typique aux derviches et aux désoeuvrés». Par ailleurs, Salama Moussa, un penseur chrétien très en vue dans le monde culturel égyptien des années quarante et cinquante, a posé une question similaire mais autrement formulée. En effet, il s’est demandé : «pourquoi sont-ils puissants ?», parlant des pays occidentaux. La manière dont les Musulmans se perçoivent et perçoivent les autres (surtout les Occidentaux à cause du colonialisme) a changé au fil du temps. Depuis les années vingt jusqu’à l’époque actuelle où le marocain Abdelkébir Khatibi a publié dans les années quatre-vingt un livre sur le Japon, les auteurs Arabo-musulmans ont parlé avec récurrence du modèle que représente l’Empire du soleil levant, ce pays d’Extrême-Orient qui, à l’instar de l’Occident, a réussi son développement industriel et technique. Par ailleurs, Abdallah Laroui explique que le Japon s’est développé car, dit-il, «il a surmonté en un laps de temps très court les difficultés parce qu’il est allé directement vers le secret de l’Occident». Le défi que représente le développement de l’Occident a suscité diverses réactions. Taha Hussein, ce francophone diplômé d’Al Azhar, appliquait le doute méthodique à l’étude du patrimoine. Les questions qu’il a soulevées dans ses écrits ont déclenché une vague d’indignations car il a dépassé certaines lignes rouges. Il fut contraint d’expurger son ouvrage intitulé "De la poésie antéislamique" des passages qui ont dérangé pour le publier une seconde fois dans une version revue et corrigée qu’il a intitulée : "De la littérature antéislamique". De même, cheikh Ali Abderrazik, un autre lauréat d’Al Azhar, fut mis à l’index lorsqu’il publia "L’islam et les fondements du pouvoir" où il a développé une réflexion sur le califat et le système de gouvernement en islam. D’emblée, je préfère parler de «culture des musulmans» au lieu de «culture islamique» car ce sont les hommes qui déterminent les structures culturelles. Quant à leurs points de vue, ils changent suivant les époques et les sociétés. De plus, les défis modernes concernent les Musulmans de notre temps et non pas l’islam qui est resté constant devant les défis d’hier et d’aujourd’hui. Par conséquent, mon approche sera sélective et non pas exhaustive. A suivre... Mohamed Larbi Messari
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