Depuis sa création, le cartel pétrolier OPEP n'a pas bonnepresse en Occident. A partir de 1973, année de la première crise pétrolière, ilest carrément devenu son «bouc émissaire» à chaque fois que ses économiesnationales traversent des zones de turbulence. Ce qui est le cas présentementet ce pourquoi l'OPEP fait l'objet de «tirs croisés» provenant de cette partiedu monde. Le prétexte en est que le cartel pétrolier ne «ferait rien pour aiderune économie mondiale en difficulté», et ceci en refusant d'augmenter saproduction comme l'ont «sollicité» le président américain George W. Bush etd'autres acteurs politiques et économiques internationaux.Que le refus de l'OPEP procède de la conviction de ses membresque les prix du pétrole, pour aussi haut qu'ils soient parvenus, ne sont pas lacause de la crise économique qui se profile, n'est pas pris en compte par sesdétracteurs. C'est pourtant le constat établi dans les analyses de la majoritédes experts et spécialistes du monde économique, qui lui attribuent eux detoutes autres causes, dont la principale est dans la nature prédatrice dusystème économique néolibéral dominant dans le monde.L'OPEP a pourtant fait preuve de sa disponibilité à ne pascompromettre la situation économique internationale. Elle a régulièrementaccepté de mettre à niveau sa production pour que les prix du pétrole nes'emballent pas et deviennent ainsi cause de récession ou de ralentissement desmachines économiques. Ce qu'elle a fait il n'y a pas longtemps en augmentantcette production pour essayer d'enrayer la hausse du prix du baril.L'OPEP a cette fois raison de refuser d'accéder à lademande d'augmentation de production qui lui est demandée. Il est question pourle cartel de ne pas rééditer le scénario catastrophe d'après la réunion deDjakarta en 1997. Il avait alors augmenté sa production au début de la criseasiatique, entraînant un effondrement des prix sous dix dollars le baril. Etl'on a en mémoire ce qu'il en a coûté de privation, de misère et de sang pourcertains pays producteurs.A peine les indicateurs économiques sont-ils en train devirer au rouge et que pointe la récession aux Etats-Unis, les prix pétroliersont déjà perdu plus de 10 dollars. Qu'en sera-t-il alors s'il advient unevéritable récession et une offre pétrolière supérieure à la demande ?Les membres de l'OPEP font preuve de juste prudence enlaissant venir les événements. Il appartient également à d'autres acteurséconomiques d'anticiper des mesures et décisions susceptibles d'enrayer laspirale récessionniste. Ce n'est pas une «faute que l'OPEP soit sur une lignedéfensive», comme l'en accusent des analystes américains. Elle affirme enfinque les intérêts des pays producteurs n'ont pas à être systématiquementsacrifiés en faveur de ceux des pays consommateurs, comme cela a été presquetoujours le cas dans le passé.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Kharroubi Habib
Source : www.lequotidien-oran.com