Cette finale, différente de celle de 2004, aura tenu toutes ses promesses. Il est vrai que toutes les données étaient réunies hier à Vienne: deux équipes solides et ambitieuses, deux styles différents, de telle sorte que les paris étaient très ouverts.
Les observateurs les plus perspicaces sont restés toutefois sur la réserve, refusant d'émettre un pronostic qui tienne la route. Devant cette «retenue», on en a été réduit à s'accrocher à d'autres paramètres, tels le bilan entre les deux formations, leurs derniers résultats, leurs aptitudes à appréhender les grands tournois, leur état de fraîcheur, sans oublier les coïncidences insolites comme la treizième finale pour les Allemands et... la couleur des maillots. Chaque équipe avait ses partisans et ses détracteurs. Les uns louaient la technique et la créativité espagnoles, alors que d'autres vouaient une admiration sans borne à la «machine» allemande, broyeuse d'espoir et possédant, dit-on, le gène de la gagne. Et, pour compléter l'embarras des amateurs des pronostics, les deux entraîneurs, après avoir entamé l'Euro avec le classique 4-4-2, sont revenus au 4-5-1, déterminés par la blessure de Villa côté espagnol, et par la carence de Gomez et Kuryani côté allemand. Torres et Klose esseulés en pointe, c'est à une féroce bataille de milieu que nous fûmes conviés. Force est de reconnaître que ces duels sans concession ont constitué la trame de cette belle finale finalement enlevée par l'Espagne. Le facteur lié à la récupération a-t-il pesé dans ce débat ? On sait que les Allemands ont bénéficié d'une journée de repos supplémentaire par rapport aux Espagnols. Loin de se focaliser sur ce qui demeure à leurs yeux un détail, les hommes d'Aragones ont misé sur leur jeu collectif plus élaboré et plus « économique », cette option qui leur a permis d'inscrire la majorité de leurs onze buts dans la dernière demi-heure, au moment où leurs adversaires étaient à la recherche de leur second souffle.
Les Allemands se sont montrés plus entreprenants au départ, en pressant haut l'arrière-garde espagnole de telle façon que les Ibériques ont eu recours à des balles en profondeur, évidemment récupérées par leurs adversaires. Ce n'est que lorsque les partenaires de Senna ont retrouvé leurs automatismes qu'ils se sont créés plusieurs occasions. Après que Torres eut trouvé le poteau. La fébrilité de la défense allemande apparut à la demi-heure, lorsque le n° 9 de Liverpool plaça une accélération couronnée de succès malgré la sortie de Lehman. Le Roi et la Reine d'Espagne, présents dans la tribune d'honneur n'ont pu retenir leur joie.
En seconde mi-temps, l'Espagne a accentué sa mainmise sur le match grâce à son football plus précis face à des Allemands trop brouillons pour prendre à défaut la solide défense espagnole. Le coach allemand Joachim Löw a bien tenté de renverser la situation en incorporant ses deux fers de lance Kuranyi et Gomez, mais en vain.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Adjal Lahouari
Source : www.lequotidien-oran.com