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L'artiste Dalila Dalléas Bouzar capte la mémoire pour conter l'oubli Les éditions Barzakh publient Algérie, année 0 dans la catégorie Beaux-livres



L'artiste Dalila Dalléas Bouzar capte la mémoire pour conter l'oubli Les éditions Barzakh publient Algérie, année 0 dans la catégorie Beaux-livres
Coïncidant avec la célébration du Cinquantenaire de l'indépendance, les éditions Barzakh viennent de publier, dans la catégorie Beaux-livres, Algérie, année 0, ou quand commence la mémoire En référence à l'exposition de l'artiste Dalila Dalléas Bouzar, portant sur sa vision de la mémoire de la Guerre de libération nationale et des années de la décennie sanglante qu'a traversée l'Algérie. Ainsi, tel une volonté de capter la mémoire dans un instant d'éternité avant qu'elle ne soit emportée par les flots du temps qui passe et les événements qui se succèdent, l''artiste estime qu'il «est venu le temps de se souvenir. Se souvenir pour se reconstruire. Pour être ensemble aussi.». Cette ouvrage regroupe ainsi une série de reproductions de photos d'archives renvoyant à la guerre de libération et aux années du terrorisme ainsi que des tableaux plus abstraits symbolisant ces mêmes époques, travaillées et revisitées par l'artiste avec la dominance récurrente de la couleur jaune fluo qui captive sans cesse le regard. Dalila Dalléas Bouzar explique en 4e de couverture de cet ouvrage que «la série de dessins qui est montrée dans ce livre est une manière de prendre conscience de mon histoire propre, de notre histoire. Ce qui m'a poussée à rechercher des images dans les archives de la guerre d'indépendance algérienne et de la ''décennie noire'', c'est mon sentiment, très intime, qu'il y avait une absence d'images sur ces deux moments». Elle ajoute qu'«Il me semble que ces deux périodes sont fondatrices de l'Algérie contemporaine. Elles sont surtout contemporaines de mon histoire personnelle, que je fais commencer par l'expérience de mon père, qui avait vingt ans pendant la Guerre de Libération». Il est à noter que l'artiste a sollicité plusieurs auteurs pour qu'ils partagent leurs réflexions sur les thèmes abordés dans ses dessins, à l'instar d'Anissa Bouayed, Frédéric Dalléas, Cloé Korman, Kamel Daoud, Hassan Remaoun et Bonaventure soh Bejeng Nndikung. Ce dernier, camerounais d'origine, directeur de Savvy à Berlin, un espace dédié à l'art contemporain africain estime, à propos du travail de cette artiste, que «plus elle s'est efforcée de scruter son passé, plus son histoire lui a semblé sombre et morose. Plus elle s'est documentée sur l'histoire de ses deux pays, notamment sur celle de son pays d'origine, plus elle y a repéré des lacunes la rendant incompréhensible». Parmi ces dessins, dont le fil d'Ariane est une étoile rouge tel un référant subliminal à un idéal révolutionnaire, il y a notamment ceux intitulés : Les enfants du soleil ; Bentalha ; Amirouche ; Soldat des forces spéciales ; Baiser mortel et Boudiaf, l'instant avant la mort. Ce dernier dessin reprend l'image de Mohamed Boudiaf tournant la tête après avoir entendu le bruit du déclenchement d'une grenade que son assassin avait lancé un funeste 29 juin 1992 à Annaba. Dalila Dalléas Bouzar, native d'Oran, vit à Berlin depuis 2009. Elle est diplômée des Beaux-arts de Paris et titulaire d'une licence en Biologie de l'Université Pierre et Marie Curie. En 2003, elle est lauréate de la Fondation pour la vocation Marcel Bleustein-Blanchet. L'année suivante elle dirige des ateliers de peinture destinés aux femmes, à Oran. Depuis 2005, elle a participé à plusieurs expositions collectives et organisé des expositions individuelles.
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