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L'artisanat fait de la résistance à Oran Malgré un environnement socioéconomique peu favorable



L'artisanat fait de la résistance à Oran Malgré un environnement socioéconomique peu favorable
Photo : S. Zoheir
De notre correspondant à Oran
Samir Ould Ali

Bien qu'une prise de conscience commence à se manifester dans les milieux jeunes, autour de la nécessité de produire et de promouvoir l'article national plutôt que de continuer à importer des produits étrangers qui sont parfois de mauvaise facture et porteurs de dangers pour la santé publique, les jeunes porteurs de projets restent encore très prudents : «Les expériences vécues par les «anciens» ne sont pas très encourageante, explique-t-on devant les portes de l'Ansej à Oran. Malgré les assurances et les promesses que j'ai pu entendre à la télévision ou lire dans les journaux, j'ai toujours peur d'un rejet de mon dossier, des lourdeurs administratives, de la bureaucratie'» Une appréhension que justifient des milliers d'échecs consommés par des milliers de jeunes, qui ont tenté de créer leur propre entreprise dans un environnement très hostile, qui favorise davantage le commerce extérieur et l'import-import.
Le taux de mortalité des PME - dont les responsables locaux de l'Ansej évitent de parler- en hausse constante à Oran est dû à l'absence d'accompagnement des jeunes entrepreneurs durant leurs premières années d'existence et l'hostilité du climat d'affaires. On sait cependant que plus de la moitié des nouvelles sociétés créées dans le cadre du dispositif Ansej sont menacées de disparaître en raison de l'anarchie qui prévaut. L'année dernière, par exemple, ils étaient plus de 2 700 jeunes entrepreneurs, injectés dans le secteur du transport en situation de cessation de paiement, parce que n'arrivant pas à rembourser leurs crédits bancaires, selon les organisations
syndicales, qui affirmaient que près de 11 000 transporteurs étaient entrés dans la clandestinité en raison de la saturation des lignes urbaines et suburbaines.
Au chapitre de l'artisanat, la situation n'est pas plus reluisante puisque, selon les chiffres rendus publics en 2011 par la Chambre de l'artisanat et des métiers, presque 50% des 7 000 artisans enregistrés avaient remisé leurs outils ou rejoint la clandestinité en l'espace de cinq années. Parmi les raisons invoquées : les lourdes charges, l'absence de circuits de vente ou d'exposition, le manque des matières premières et l'anarchie qui continue de caractériser l'économie. A l'Ansej, on préfère parler des projets enregistrés (entre 2010 et 2011, le nombre de projets financés a enregistré un taux de croissance de' 199,85%) et des mesures prises pour augmenter les chances de réussite des nouvelles PME : «Désormais, nous conseillons les porteurs de projets, les accompagnons dans la création de leurs entreprises et suivons leur évolution», assure-t-on à l'Ansej, en soulignant l'intérêt également porté au volet formation, aussi bien des promoteurs que des accompagnateurs chargés de la formation du promoteur, et la sensibilisation autour de la création d'entreprise auprès du grand public, des universités et des centres de formation. Sur les 10 393 projets enregistrés qui ont permis la création de 28 592 emplois, il apparaît que l'artisanat se classe en troisième position, avec 1 367 PME, après les services (3 790) et les transports de voyageurs (1 738). De son côté, la Chambre de l'artisanat et des métiers a récemment annoncé l'inscription de 674 nouveaux artisans, dont 148 dans la production de matières, 92 en artisanat artistique et 434 en services. Il reste cependant à espérer que l'environnement économique s'améliorera pour permettre la viabilité des PME créées, seules à même de promouvoir cet artisanat que tout le monde vante mais que seuls quelques professionnels continuent d'entretenir avec la hargne du désespoir.
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