A voir la
simultanéité des événements douloureux démarrant de Tunisie, ensuite en
Algérie, il serait utile d'annoter les traits de similitude ci-après.
Depuis le début
de la crise économique mondiale de 2007, il y a eu des esquisses de la part
d'analystes qui ont préfiguré ses retombées à l'échelle de la rive sud de la
Méditerranée. Une zone géostratégique de premier plan, pour les intérêts des
USA, notamment ces derniers temps, supplantant la France qui sembl avoir un
rôle de second couteau, à moins que ce ne soit qu'un partage des intérêts,
convenu tacitement pour ne pas froisser les régimes en place, surtout en
Algérie et, peu en Tunisie. Le Maroc, assez lié avec la France de droite et à
gauche, reste toujours ancré, via les lobbys juifs marocains, aux USA. Un
double avantage par rapport au reste des pays maghrébins.
Le tout, d'après notre point de vue, au seul
intérêt de la sécurité géostratégique d'Israël. Cette semaine, la visite du
président français aux USA, le dénote. A première vue, ce raisonnement
semblerait mal à propos, voire n'ayant aucun lien avec les événements secouant
une partie du Maghreb et sa périphérie dont l'Egypte, pendant les émeutes du
pain de l'année passée. A ce sujet, justement, il serait utile de faire
rappeler le conseil donné par Israël, via le journal «Haaretz», à l'Algérie et
l'Egypte pour qu'ils gardent leur sang-froid avant et après les fameuses joutes
footballistiques. En ce qui concerne l'Algérie et la Tunisie, les USA viennent,
cette semaine, de donner un conseil similaire directement, puis via l'ONU, au
président tunisien, de circonscrire au plus vite, la situation avant qu'elle
s'amplifie d'où, tout juste après, son troisième discours d'apaisement, alterné
par des promesses et menaces, suivies de répression avec mort d'hommes, afin de
mettre un terme aux troubles et mécontentements de la jeunesse tunisienne. En
somme, l'opium et le bâton habituels.
Ainsi, les USA veulent, coûte que coûte,
instaurer, cette année, une ambiance favorable à leur chiffon feuille de route
concocté, dans le cadre de la sécurité d'Israël, afin que tous les pays arabes
reconnaissent, en vrac, au moment voulu, l'existence d'Israël en tant qu'Etat
Juif, comme désiré par ses lobbys New-yorkais. Pourtant, ces renvois
«impromptus» ne dérangent nullement les nouvelles combines d'Israël, mises en
mouvement depuis peu de temps, au contraire, puisqu'il n'est, nullement,
disposé, à moyen terme, de faire la « paix » car il a sa propre feuille de
route, liée à la poursuite des constructions de colonies. Et elle argumente son
assurance, à l'intention des USA, que tout le monde arabe est flasque. Malgré ça,
les USA veulent renverser cette tendance et ont « promis », à l'Arabie
Saoudite, leur volonté de contrecarrer rapidement les visées de l'Iran, dans le
Golfe et ailleurs. A ce sujet, des confidences ont été dévoilées par WikkyLeaks
sans qu'elles soient démenties. Donc… Par ailleurs, le niveau de développement
des forces productives, en Tunisie, qu'elles soient syndicales, à l'exemple du
défunt Ferhat Hached, et ses successeurs, fer de lance du combat contre
l'oppression d'un régime féodal, ou politiques, tant au plan rural et citadin,
sont en train de rebondir, sous d'autres formes, au sein du peuple tunisien,
afin qu'il puisse passer d'une étape à une autre plus fructueuse. La preuve par
l'endurance de leurs doléances profondément émancipatrices, en terme de
participation par leur souhait pathétique d'avoir du travail dans leur pays,
pour tous les niveaux d'âge. A l'image des manifestants des deux sexes ! En
effet, la femme tunisienne joue un rôle prépondérant dans la société. D'après
des informations, une jeune tunisienne serait morte pendant ces manifestations.
C'est, en quelque sorte, le cadeau féministe différé du défunt Bourguiba,
enlevant leur voile, à son sosie les voilant par une chape de plomb !
En ce qui
concerne les récents événements déplorables en Algérie, d'éminents chercheurs,
d'ici et d'ailleurs, au courant des tendances de la jeunesse, ont amplement
développé ces comportements, similaires à certains égards, aux anciens dont le
camouflage à la Zorro, principalement les meneurs des manifestants, détruisant
tout sur leur passage, y compris les placettes honorant les Martyrs.
Car ces adolescents se retrouvent mal dans
leur peau et furieux ils s'attaquent à tout ce qui leur rappelle leurs
frustrations, comme s'ils avaient envie de se débarrasser de tous les symboles,
accusés à tort, comme les causes de leurs blocages existentiels dont, entre
autres, la défaite de l'équipe nationale du football contre celle de l'Egypte.
En somme, ces incendies des immeubles, ces casses et profanations, prennent leur
source de l'époque du vandalisme et ses suivants. Ceci semblerait mal à propos,
cette histoire de foot, mais fondée puisque l'effet boomerang, que nous avions
pressenti, en son temps, dans nos précédents articles, se confirme actuellement
douloureusement, puisqu'il y a eu mort d'hommes. Ce n'est donc pas seulement à
cause de la cherté de la vie, ne datant pas d'aujourd'hui, liée aux produits
alimentaires. En vérité, l'un des alibis circonstanciels supporté par les
parents, cela s'entend, depuis de longues années malgré la hausse des bas
salaires. Donc, à force d'euphémismes arrangeants, nous retomberons
infailliblement dans les dérangements. A moins qu'il s'agirait du chômage des
jeunes, angoissant certes, puisqu'il est à moins de 20%, dit-on, en Algérie, alors
qu'il est, à titre de comparaison, de 30% en Tunisie et autant voire plus au
Maroc et en Mauritanie, tandis qu'en Libye il est de toute autre nature. Cette
semaine, le régime libyen a supprimé les taxes sur les produits alimentaires.
Ainsi, globalement, il s'agit plutôt, nous semble-t-il, du niveau de vie lié
aux moralités existentielles respectives de chaque pays maghrébin en train de
s'écarter de plus en plus, des normes admises en la matière, notamment en
Algérie où les pluri milliardaires, non seulement s'accroissent chaque année
mais narguent ces millions de jeunes désÅ“uvrés.
Des informations,
divulguées lors d'une table ronde organisée par l'ENTV, après les dernières
mesures gouvernementales au sujet de la baisse des prix des produits
alimentaires de base, ont laissé entendre que quelques gros importateurs, en la
matière, demandent à leurs partenaires de l'extérieur à ce qu'ils haussent les
prix dans leurs factures ! Est-ce vrai ? Si oui, alors le grand voleur c'est
celui qui permet aux groupes fidélisés, du moment ou pour plus tard, d'agir à
leur guise et de chaparder les richesses de la collectivité nationale. Aussi,
les coûts des produits alimentaires jugés excessifs ne datent pas
d'aujourd'hui, souligne-t-on, d'autant que l'échelle des salaires, établie ces
dernières années, rappelle-t-on, d'une manière à la va-vite, voire selon des
approches populistes, ne vise nullement l'équité dans la durée planifiée.
Elles s'inscrivent dans les effets d'annonce
du type feu de paille pour camoufler ceux, en bûches de bois, des grands
plaisirs internes et externes et, donc, nous font entraîner, par cette manière
de faire, vers des situations ubuesques et surtout surprenantes.
Alors, puisque c'est ainsi, qu'ils supportent
et payent la facture d'aujourd'hui et en anticipé, d'autant que c'est à cause
de leur démarche à double piège, ils ont opté pour : Ahyini elioum, ouakteni
ghoudoua (Aide-moi à vivre aujourd'hui et tue-moi demain). Drôle de logique !
Ainsi, il se trouve que parmi les partenaires de la coalition présidentielle,
il y a ceux qui sont en train de pouffer sous cape face à ces événements
douloureux. Un panier à crabes ! Heureusement, ces derniers jours, l'accalmie
l'a emporté sur la fureur. Ce qui ne veut pas dire que le feu ne couve
nullement dans les esprits des familles démunies et ce, malgré les
rectifications annoncées.
Entre les trois
principaux pays du Maghreb, Maroc, Algérie, Tunisie, il existe une profonde
interaction existentielle qu'on ne trouve, nulle part ailleurs. A ce propos,
nous relevons tant de communions et d'habitudes culturelles, dont culinaires,
mais malheureusement défigurées, au fil du temps, par tant d'égoïsmes et donc,
d'occasions ratées à cause d'immixtions externes. Ils avaient affronté, et le
font toujours, les enjeux et défis en rangs dispersés. C'est leur talon
d'Achille.
A la veille du déclenchement de leur combat
contre l'oppression coloniale, dans les années 1950 , le terme Fellaga -
bûcheron - est apparu, pour la première fois, en Tunisie avant et au cours de
son combat pour sa liberté.. Ensuite en Algérie, tout juste après le
déclenchement du 1er Novembre, le terme avait pris le diminutif de «Fel» par
analogie à «Viêt», en référence au Viêtnam. « Fellaga rend-toi » était peint
sur tous les murs des villes et villages de l'Algérie combattante. Les
militaires coloniaux français ont le sens de la dégradation des êtres. Par
phobies exagérées la menant, à chaque fois, aux impasses et lâches manoeuvres.
Comme aujourd'hui, en Côte d'Ivoire partagée - piégée - entre deux présidents
de République et le risque d'une guerre civile
Avant le
déclenchement du 1er Novembre 1954, l'Algérie était paysanne à plus de 75%. Les
ruraux qui visitaient la ville apportaient leur galette pour la manger à midi,
à côté des souks et…des crottes de leurs bestiaux. Parfois elle est accompagnée
de dattes et parfois aussi…de pain de boulangerie, en tant que dessert pour sa
blancheur, pour ceux pouvant se le permettre. D'ailleurs, c'était presque un
sacrilège d'aller acheter du pain. C'était le temps de la frugalité et des
odeurs de la nature. Aujourd'hui il y a d'autres odeurs et humeurs. A propos
d'humeurs, il est intéressant de signaler qu'avant et après les fameux matchs
de football algéro-égyptiens, des centaines de jeunes s'agglutinaient devant des
achoppes vendant des casse-croûtes - en vérité leur repas de midi - composé
d'un demi pain rempli de pois chiches bouillis au bicarbonate – avec tous les
ulcéroïdes en perspective - et dégoulinant de harissa : un coulis de piment
rouge fort piquant, les humeurs de la même famille botanique que le tabac.
Le tout coûtant
entre 15 à 20 DA De l'abordable pour les adolescents démunis. Et tous ces survoltés, à partir du ventre, sont
des admirateurs acharnés de l'équipe nationale de football. Ils dansaient à l'air
de la chanson « adzaïr ya ma », en mangeant ce casse-croûte, du genre
pétaradant des plombs dans tous les sens du terme. Un jeune artisan
dessinateur, sculpteur sur bois, m'a confié que c'est lorsqu'il jeûne que
l'inspiration devient intense.
Dans les années 1980, c'était le temps des
pétarades de la restructuration de l'économie nationale. Les dirigeants de
l'époque voulaient devenir avant minuit, la veille de 1991, des capitalistes
plus que le capital. Comme d'ailleurs, auparavant, pour le socialisme de la
mamelle, défini en spécifique par les idéologues de l'ex Parti unique. Ainsi,
par la force de courir après plusieurs lièvres en même temps, nous sommes
devenus hors champ. Ni capitaliste, ni socialiste. De simples rentiers, donnant
tout en vrac et ne recevant rien en retour. Sinon des miettes et des
tape-à-l'oeil.
A titre de comparaison, puisque l'Algérie
s'était inspirée, dans les années 1970 de la Chine ayant opté au départ avec
l'idéologie socialiste et qu'elle aussi a restructuré, intelligemment ses
approches économiques, nous notons qu'elle avait harmonieusement inséré tant de
bonnes choses du capitalisme dans ses traditions sans, pour autant, renier ses
anciennes convictions idéologiques et philosophiques de gouvernance. En d'autre
terme, elle se désiste du peu, qui lui est propre y compris d'ordre culturel
dont le système alimentaire est basé sur «tout est mangeable d'une manière
saine et frugale», et apprend beaucoup de choses des autres. Tous les autres.
Chez-nous, on importe tout en vrac, et nous exportons -uniquement les
hydrocarbures- tout en vrac: Baâna Djemla !
Un sujet d'actualité, paraissant banal,
mérite cependant d'être signalé et commenté pour son importance au pays de la
démesure. Et des « miracles » ! Il s'agit de ce SDF des USA, qui s'est vu
propulsé, comme chanteur à succès phénoménal, par toutes les chaînes de
télévisions d'Amérique et d'Europe.
Ce qui est intéressant, c'est qu'il
ressemble, en tout point de vue, au président actuel des USA : la taille, le
profil, l'allure, la voix, le sourire…Du craché ! Bref, un sosie. Le type du
noir américain réussissant. Le rêve américain quoi. La politique est ainsi
faite aux USA. Au sens propre et figuré. Les lobbys sionistes de New York le
savent plus que tout autre et stimulent ce genre de réussite à partir de zéro.
Et ils s'en servent pour leurs futurs… calculs. A partir des doubles zéros !!!
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Ali Brahimi
Source : www.lequotidien-oran.com