Oran - Revue de Presse

L’analyse du jeudi - L’implantation du GSPC à Oran



Une nouvelle tentative mise en échec Pour la deuxième fois durant l’année en cours, le GSPC a fait parler de lui à Oran. Après la tentative de mettre en place, en janvier dernier, une cellule chargée du recrutement qui, à peine née, a été aussitôt démantelée et ses membres arrêtés et présentés à la justice, alors que d’autres dûment identifiés sont restés activement recherchés, l’organisation terroriste a de nouveau tenté l’impossible, cette première semaine de novembre, avant de constater qu’elle fonçait droit dans le mur. En effet, un terroriste présenté sous le nom de Khaled et qui, pour certains, serait un «émir», n’a pas eu plus de chance que ses prédécesseurs. Repéré et refusant de se rendre aux forces de sécurité qui ont assiégé son refuge dans un immeuble de la Cité Es-Salem (Entre les quartiers d’El-Hamri, Medioni et ex-Saint Hubert), il a préféré recourir à son arme pour se frayer une voie de sortie et prendre la fuite. Il a laissé sa vie.La présence de ce terroriste armé à Oran vient rappeler que la capitale de l’Ouest reste un enjeu crucial pour le GSPC qui, au moins depuis l’année 2000, a tenté à plusieurs reprises de s’implanter dans la ville ou dans sa banlieue. A chaque fois, son entreprise est ruinée par la vigilance des forces de sécurité. Et, à chaque fois, après une période d’hibernation, la tentative est relancée. L’on se souvient des deux terroristes qui ont été abattus fin janvier 2000 à Haï Salem, non loin du lieu des événements de lundi dernier et d’un troisième abattu le même jour au boulevard Maâta. Le prolongement de l’enquête qui a suivi a permis la neutralisation de plusieurs terroristes dans la banlieue d’Oran et dans d’autres wilayas de l’Ouest. Durant l’année 2001, il a été question d’un autre groupe terroriste qui s’agitait sporadiquement à l’Est d’Oran avant que son «émir» Kaddour M’himda dit Djaâfar ne tombe dans la nasse de la lutte antiterroriste, abattu le 23 janvier 2002. L’année 2003, c’est surtout Mers El-Hadjadj et El-Kerma qui ont connu, au mois de décembre, une présence éphémère d’un groupe rapidement neutralisé dans un bidonville de cette dernière commune où un gendarme grièvement blessé a succombé à ses blessures. Et un mois plus tard, en janvier 2004, ce fut la fusillade de la Place du 11 décembre (ex-Place Roux) où deux terroristes filés ont riposté en plein quartier commercial, touchant mortellement le jeune policier Abdelhak Kerma et blessant légèrement deux autres, ainsi que des passants, avant d’être neutralisés tous les deux. Depuis, il n’a plus été question de terrorisme à Oran jusqu’à janvier dernier, puis le lundi de cette semaine. Cependant, il reste à souligner que l’expérience récente a montré que lorsqu’un terroriste est neutralisé à Oran, d’autres sont nécessairement terrés dans la ville même ou ses environs immédiats. Et ce qui est frappant, qui n’est pas habituel et qui pourtant est devenu récurent durant cette première semaine de novembre 2006, est que pour la troisième fois, il est question d’un terroriste abattu isolément dans une région ou une autre du pays. Après celui dont il a été question, dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre dernier à Aïn Romana dans la wilaya de Blida, ce fut le cas de celui qui a été neutralisé à Ouled Hamza (Médéa), le 5 novembre, suivi, deux jours plus tard, par un autre à Oran, celui de lundi dernier. Habituellement, lorsqu’il s’agit d’un seul terroriste abattu, c’est qu’il était, très souvent, parmi d’autres qui ont pu fuir ou qu’il a été touché dans un accrochage ou lors d’un ratissage, mais très rarement parce qu’il s’était aventuré dans un déplacement à titre individuel dans une région susceptible d’être sous haute surveillance et où ses chances de s’en sortir indemne sont minces. Ce qui ne semble pas être le cas de ces trois exemples pour ne parler que de ce qui a été rendu public à travers la presse. Ces trois cas de terroristes abattus dans l’espace d’une semaine au Centre et à l’Ouest du pays pourraient, évidemment, n’être rien d’autre qu’une série de faits séparés qu’a enregistrés la scène sécuritaire. Mais du fait de la répétition de ce même cas dans un laps de temps rapproché et dans différentes régions, la question qui se pose est de savoir s’il ne s’agirait pas d’une sorte d’opération généralisée de messagers et d’émissaires qui parcourent le pays entre différents groupes terroristes ou de soutien en prévision d’une quelconque entreprise qui n’a pas dit son nom. La question reste pendante.
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