Après le passage des vedettes de la chanson orientale, il fallait que le raï reconquière son propre fief. Mission dévolue à Billal, et à un jour d'intervalle à Khaled. Par la même occasion, les deux devaient jauger leur audience auprès d'un public de plus en plus large et surtout de plus en plus convoité par d'autres styles. Lors du passage de Billal, dans la soirée du 3 au 4 juillet, le théâtre de verdure a été tout bonnement assailli par des milliers de jeunes, venus notamment des quartiers périphériques. Au point que le public qui s'est retrouvé loin de la scène n'a pas eu la chance d'apprécier le crooner du raï. Ce sont les quelques centaines de «privilégiés» à qui on ouvre le passage pour accéder aux premières loges qui ont eu le privilège de répéter et de danser sur la musique de Billal. Ses véritables fans, à qui il semble adresser ses messages, se sont retrouvés cantonnés sur les toits des vestiaires ou sur la pelouse des bordures de ce théâtre. En tout cas, il est désormais clair que cette infrastructure, datant de l'époque coloniale, ne peut plus répondre à une demande de la population d'une ville de la taille d'Oran. Avant le passage de Billal sur scène, «Les Orientales», une troupe de danseurs venue de l'étranger, n'a pas pu accrocher l'attention des milliers de jeunes venus apprécier le chanteur de «la roudjla» (au sens phallocratie). Pourtant, cette troupe a exécuté des tableaux de haute facture. Mais en dépit de l'exiguïté, les fans de Billal ont pu suivre jusqu'au bout sa prestation.
Le même scénario s'est répété lors de la soirée de Khaled, avec cependant davantage de filtrage, probablement sur instructions de ceux chargés de la sécurisation des lieux. Soulignons que des renforts de policiers ont été ramenés de Béchar notamment. Ce qui a donné que le public qui n'a pas pu accéder au théâtre de verdure a été égal ou dépassant celui qui s'est trouvé à l'intérieur. Ce qui laisse supposer que le nom de Khaled mobilise toujours les fans. Sur scène, il a été précédé par les Gypsis King qui ont su, grâce à leur musique très rythmée, attirer l'attention du public. Ce groupe qui a assuré l'ouverture de la soirée a été ovationné. Tout le contraire de l'humoriste Abdelkader Secteur qui n'a pas pu terminer son show. Hué à plusieurs reprises, lui qui entame une carrière en France et qui a été invité au festival international du rire à Marrakech tout récemment, il s'est retiré en déclarant son «divorce» avec le grand public d'Oran. Quant à Khaled, qui s'est présenté à minuit, il a entamé son spectacle par son fameux opus «Ya da lmarsam». Il est resté sur la même lancée, en chantant ses grands succès que tout le monde fredonne, tels que «Ya chabba ya chabba» ou encore «Rouhi Wahran rouhi». Maître de son sujet, Khaled a surtout surfé sur le registre vocal. Il s'est permis toutes les fantaisies qu'un artiste doté de la voix qui est la sienne peut s'offrir et se permettre. Cette fois-ci, Khaled n'a pas eu d'échanges verbaux avec le public, ce qu'il fait d'habitude. Même sur le plan musical, il est passé d'un style à un autre où les empreintes aux grands affluents de la musique universelle (le jazz et le reggae entre autres) étaient très claires.
Pour la deuxième fois consécutive et dans le même lieu et à la même occasion, Khaled a démontré qu'il s'est irrémédiablement placé sur une sphère où il n'est plus accessible au premier venant, musicalement parlant. D'ailleurs, durant de bons moments de la soirée, le gros des spectateurs est resté éberlué et n'a pas pu danser sur sa musique, de plus en plus élaborée. Autrement dit, Khaled tire les choses vers le haut. Avis aux amateurs…
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ziad Salah
Source : www.lequotidien-oran.com