A lire les mots véhiculés par les messages diplomatiques échangés ces deux dernières décennies entre l'Algérie et le Maroc, on serait tenté de croire que les relations bilatérales entre les deux pays sont au beau fixe. A fortiori, on pourrait penser que le terrain est balisé pour des relations meilleures, basées sur le bon voisinage, la fraternité et l'entraide économique, ainsi qu'à une volonté de part et d'autre de chercher un apaisement des tensions qui secouent ces relations depuis toujours, depuis les premières années de l'accession de l'Algérie à l'indépendance, pas seulement, donc, sur la question du dossier du Sahara Occidental, qui est venue plus tard se greffer aux problèmes envenimant les rapports entre les deux pays. Pour toujours ' Peut-on espérer que cette diplomatie parallèle des messages diplomatiques échangés par les hautes autorités des deux pays, en l'occurrence le Roi du Maroc et le président de la République algérienne, de bon ton, pleins d'affection et de respect mutuel, puisse un jour venir à bout des différends à l'origine de la mésentente historique entre les deux pays ' Le dernier message du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, au souverain du Maroc, le roi Mohammed VI, dans lequel il a exprimé son soulagement après la réussite de l'intervention chirurgicale qu'il avait subie récemment traduit une sensibilité qui ne s'exprime qu'entre des frères. D'ailleurs, le Président Tebboune le dit clairement dans son message au Roi du Maroc, en faisant suivre le terme de «Votre Majesté» par «cher frère». Rappelons dans ce contexte que le roi Mohamed VI a été parmi les premiers à féliciter le Président Tebboune au lendemain de son élection le 12 décembre dernier, exprimant ses v?ux de plein succès à Abdelmadjid Tebboune dans ses hautes missions. Non sans lancer appel pour ouvrir une nouvelle page dans les relations entre les deux pays voisins, sur la base de la confiance mutuelle et du dialogue constructif. Hélas, ces messages de fraternité, partagés entre les deux pays, depuis des décennies, certains reviennent cycliquement à l'occasion de la célébration des fêtes nationales, traduisent une pratique diplomatique traditionnelle, superficielle, plus qu'un souci réel de bâtir des ponts solides dans les relations bilatérales. Le résultat est là pour montrer que ces messages passent et repassent, laissant en l'état des relations bilatérales au plus mal. En témoigne, entre deux pensées fraternelles, la plus récente brouille dans les relations entre les deux pays, à la suite de la déclaration du consul du Maroc à Oran, qui a qualifié l'Algérie de «pays ennemi», qui continue encore d'avoir des répliques diplomatiques, est franchement désespérante et détruit complètement tous les bons v?ux partagés entre les deux pays. Côté marocain, on reproche à l'Algérie son soutien, fort et indéfectible, à l'indépendance du Sahara Occidental. C'est cette position qui est la source des hostilités marocaines à l'égard de son voisin de l'Est. Impossible de trouver un terrain d'entente ' Partant du principe que l'impossible n'est pas diplomatique, les deux pays peuvent amorcer une normalisation de leurs relations, notamment à travers un dialogue franc et sincère. La nouvelle géostratégie qui redessine la carte mondiale et la crise sanitaire mondiale qui va provoquer un chamboulement dans les relations internationales imposent aux deux pays de joindre les actes aux messages et commencer à s'entendre sur le minimum vital.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abdelkrim Zerzouri
Source : www.lequotidien-oran.com