Oran - A la une

« J'arrive à bien gérer mes deux missions » Le mois sacré vu par... Amar Ghoul ministre des travaux publics et président de TAJ



Amar Ghoul, ministre des Travaux publics et président du parti du Rassemblement de l'espoir de l'Algérie (TAJ), affirme assumer pleinement ses responsabilités partisanes et gouvernementales. Pour lui, deux choses doivent être sacralisées, non seulement durant le Ramadhan mais pendant toute l'année : le travail et la solidarité.Est-il facile d'accomplir le jeûne sous deux casquettes '
Je jeûne comme tous les Algériens, et avec une grande aisance même. J'arrive à bien gérer mes deux missions, que se soit en dehors ou durant le Ramadhan. Il suffit de bien organiser sa journée et son temps. Dans le parti, il s'agit de conduire des hommes et des femmes et au ministère également, il est question de coordonner avec l'administration et de mener à bien les projets. En parallèle, durant tout le Ramadhan, nous faisons des visites sur le terrain pour s'enquérir de l'état d'avancement des chantiers. On intensifie la lecture du Coran surtout et on se consacre beaucoup plus à la foi. Durant la journée, dès que j'ai un petit moment de libre, je lis le Coran, et le soir aussi durant les prières surérogatoires pour achever cette lecture comme le prescrit notre religion. J'accomplis les « Tarawih » à la mosquée de Staouéli qui est plus proche de mon lieu de résidence. Je suis très simple, je mange ce que je trouve. Je ne suis pas du tout exigeant sur le plan culinaire sauf sur la présence de la « chorba frik » et les salades vertes que j'apprécie beaucoup. Les courses sont par contre partagées entre mon épouse, mes enfants et moi.
Que pense M. Ghoul de la politique de solidarité engagée jusque-là '
Je suis membre du gouvernement et je suis solidaire du gouvernement. Mon avis est celui du gouvernement. Le ministère de la Solidarité a tracé un important programme à cet effet. Son application sur le terrain au niveau local implique beaucoup de monde. Ce qui fait que sa maîtrise est un peu difficile. Dans le cadre du programme de mon parti politique, nous avons tout un chapitre concernant l'entraide et la solidarité sociale. Nous estimons que beaucoup de choses doivent se réaliser au niveau local, à savoir la prise en charge par la société elle-même. L'encadrement, quant à lui, doit se faire par l'administration et la tutelle. Dans ma formation, on favorise les procédés qui encouragent la société à se prendre en charge sur le plan solidarité. Celle-ci commence à l'intérieur de la famille. Les démunis et les nécessiteux appartiennent à des familles qui doivent prendre conscience que l'entraide familiale est très importante. Quand la confiance s'installe au sein de la société, la zakat ou les dons se transmettent et arrivent aux vrais démunis. En l'absence de cette confiance, les citoyens deviennent réticents. La cohésion sociale passe par la stabilité de la famille. Il faut rétablir les liens au sein de ce noyau pour stimuler une mutation sociale fondée sur des principes de solidarité et de l'unité. Via cette grande famille découle cette entraide souhaitée vers les démunis. Les femmes députés de mon parti font des déplacements vers des familles et au niveau des hôpitaux pour fournir quelques aides aux pauvres.
Est-il vrai que les gens travaillent moins durant ce mois sacré '
Vous touchez un problème crucial qui est celui de la valeur et de la culture du travail. Durant le mois sacré ou durant toute l'année, le travail doit être considéré comme quelque chose de sacré. D'ailleurs dans notre religion, le travail est sacré. Il faut qu'on travaille sérieusement, soigneusement et avec toute la rigueur nécessaire durant le Ramadhan et toute l'année aussi. Il faut donc réhabiliter la valeur du labeur, intérêt national oblige. Le ralentissement du travail durant ce mois sacré est un phénomène qui ne date pas d'aujourd'hui. Certes on est affaibli durant la journée mais on peut pallier cela durant la matinée, quand on n'est pas encore épuisé physiquement. Dire que le relâchement est toléré durant le Ramadhan sous prétexte que l'on jeûne est un faux problème et une fuite en avant. Le Ramadhan est une école. En la quittant, on doit sortir avec un diplôme et des bagages qu'il va falloir utiliser en dehors de la période pour consolider le reste de l'année en termes relationnel et surtout comportemental. Avec l'ouverture tous azimuts vers le monde extérieur, il y a eu l'usure ou l'effritement de certaines de nos valeurs. La force des musulmans, c'est la cohésion de la famille. Les Occidentaux tentent d'ailleurs de rétablir la notion de la famille. Le Ramadhan est donc une occasion pour renouer avec les principes auxquels on a renoncé au fil du temps, même si la modernisation facilite davantage les relations.
Au niveau de vos chantiers, la cadence des travaux est-elle maintenue durant ce mois sacré '
Au niveau des chantiers, on doit s'adapter au mois sacré. Ce n'est pas le jeûne qui affaiblit, mais surtout les conditions météorologiques. Les ouvriers qui sont sur chantier redoublent d'efforts durant les premières heures, et dans certains chantiers, ils se rattrapent la nuit après la rupture du jeûne. En général, il n'y a pas de perturbation significative.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)