Les étudiants de l'IMSI (Institut de Maintenance et Sécurité
industrielle) sont en colère. Ils ont entamé, jeudi dernier, une grève générale
et illimitée par laquelle ils veulent exprimer leur désarroi.
Le motif de cette indignation est un décret présidentiel, datant du 15
décembre dernier, qui avantage largement, selon eux, les étudiants du système
LMD, et cela au détriment des étudiants de l'ancien système. Ce décret stipule
l'équivalence entre le diplôme d'ingéniorat d'Etat avec le Master 1 du système
Licence Master Doctorat. Autrement dit, la cinquième année d'ingéniorat
équivaut à un Master 1.
Les étudiants de l'ancien système se verront alors dégradés dans la
grille indiciaire du niveau de qualification que stipule ce nouveau décret, à
la 13ème catégorie, alors qu'ils devraient être à la catégorie 14. Idem pour
les étudiants de l'Institut des Télécommunications qui sont entrés en grève,
jeudi, pour les mêmes motifs. Constatant les faits, les étudiants ont réclamé
une réunion avec le recteur de leur université. D'après les étudiants, ce
dernier les a envoyés chez le vice-recteur qui n'a pas voulu les recevoir.
Après avoir essuyé ce refus, les étudiants ont organisé, mardi dernier,
un sit-in à l'extérieur de l'université, obligeant ainsi le recteur à recevoir
les étudiants. En contrepartie, il a été demandé à ces derniers d'établir leur
rassemblement uniquement dans l'enceinte universitaire.
Les étudiants de l'IMSI (ex l'IAP) sont donc déterminés à poursuivre leur
grève, et cela jusqu'à ce qu'ils obtiennent gain de cause. Lors de leur réunion
avec le recteur, ce dernier les a assurés que le décret en question ne pouvait
les concerner directement, puisqu'il ne touche, selon lui, que la Fonction
publique. « Mais qui peut savoir quel sera notre métier à l'avenir ? »,
rétorquent les étudiants, estimant que: «on est en train de sacrifier un
système au profit d'un autre. On veut tout simplement l'annulation de ce décret
». Aussi, ils demandent qu'une délégation oranaise soit désignée pour se rendre
à Alger et faire part de leur requête au ministère de tutelle.
Profitant de la présence de journalistes, les étudiants ont également
montré les conditions dans lesquelles ils étudient. Les toilettes publiques,
aussi bien celles pour femmes que celles pour hommes, sont dans un piteux état.
Il n'y a pas, ou si peu d'eau potable.
Pas de cafétéria non plus : les étudiants ont parfois cours de 8h à 17h,
avec seulement une demi-heure au cours de laquelle il leur faut parcourir un
long chemin pour arriver à la faculté d'Es-Sénia et pouvoir enfin se restaurer.
Ces étudiants assurent, en outre, que bon nombre de leurs amphithéâtres sont
amplis d'amiante, ce qui est très dangereux pour la santé, tant pour étudiants
que les enseignants. A ce jour, assurent-ils, une seule salle de TD a été
désamiantée, pour le reste, rien n'a encore été fait.
Les étudiants font également part des difficultés qu'ils ont pour étudier
convenablement. Ils affirment que nombreux ont un mal fou pour effectuer leur
stage. Et ce dernier, dans bien des cas, n'est ni pris en charge, ni rémunéré.
Ils indiquent aussi qu'il leur faut attendre quatre années d'études avant
de pouvoir établir une visite industrielle, alors que dans le système LMD,
c'est au bout de la première année seulement qu'ils ont le droit d'effectuer
bon nombre de visites. Les étudiants réclament également qu'il y ait une classe
spéciale de 2ème année pour les recalés. Et d'ajouter que « la deuxième année
est une année barrière que beaucoup d'étudiants se voient obliger de refaire;
or, avec l'avènement de ce nouveau système (LMD), ceux qui ont été recalés
(2009-2010) se retrouvent dans une impasse car cette année n'existe à présent
que dans le nouveau système. Nous réclamons alors qu'il y ait une classe
spéciale pour ses étudiants de l'ancien système ».
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Posté par : sofiane
Ecrit par : El Kébir A
Source : www.lequotidien-oran.com