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Ils ne désarment pas



Ils ne désarment pas
Persévérance - Quoi qu'il en soit, malgré toutes ces difficultés, des artistes persistent dans leur acharnement.
Le salon d'automne, qui est à sa 5e édition, en est une preuve. Ils progressent sous le poids de l'indifférence des instances concernées. Chaque année, le Salon présente un catalogue inédit d'artistes talentueux et créatifs.
Quoi qu'il en soit, la création algérienne continue d'exister. Il se fait toujours et ce, depuis les années 1920, date de la naissance des arts plastiques. Chacun contribue à l'enrichissement de l'art aussi bien dans la diversité du style ou de la technique que dans la richesse de sa thématique. Chacun se distingue par ses moyens, son imaginaire ou encore sa sensibilité.
«Durant ces cinquante dernières années, le paysage des arts plastiques a traversé toute sorte de changements, d'influences et d'innovations», constate Narriman-Zehor Sadouni, et d'abonder : «En 1962, il y avait très peu d'académiciens parmi les artistes émergents, peu nombreux mais animés d'un profond vouloir de paraître et surtout d'exprimer la réalité du moment.» A ce titre, Narriman-Zehor Sadouni cite quelques noms qui y ont contribué, tels Bachir Yelles, Fares Boukhatem... Elle se souvient du mouvement Aouchem avec Denis Martinez, Choukri Mesli, Rezki Zerarti, considérés, selon elle, comme «les précurseurs du renouveau».
«Ils ne se sont pas limités à appliquer leur manifeste, certains d'entre eux, enseignants aux Beaux Arts ont contribué à introduire au programme informel, les techniques de la performance et de l'installation. Une nouvelle philosophie de l'Art venait de naître avec cette génération d'artistes postcoloniaux», explique-t-elle.
Plus tard, l'on assiste à une nouvelle génération, encore plus audacieuse, plus ouverte et habitée par un sentiment de créativité intense, toujours renouvelé.
«La génération suivante (de transition) est celle qui compte un grand nombre d'artistes de la diaspora contraints de quitter le pays durant la tragédie nationale des années 90...», souligne-t-elle, et de poursuivre : «L'occasion pour moi de rendre hommage à Karim Sergoua qui vit et travaille à Alger. C'est un adepte de l'art algérien (afro-berbère) engagé. Témoin visuel, agitateur, impliqué et fervent opposant aux forces occultes de «l'anti culturation», membre fondateur du mouvement Sebbaghine. D'autres noms tels Mustapha Nedjai et Noureddine Ferroukhi dont le travail est empreint de renouvellement et dont la création est intarissable.»
- Il y a aussi l'autre génération, celle des années 2000 qui s'exprime, crée, produit mais qui ne parle jamais ou peu. «La génération née des cendres du terrorisme a complètement rompu avec celle des années 60. Je l'ai constaté lors de la dernière tenue de la Biennale méditerranéenne d'art contemporain d'Oran. Des jeunes ouverts au monde, décomplexés, en réflexion constante, alliant la peinture aux autres arts. Quoi que l'on dise, depuis cinquante ans, les arts plastiques sont parvenus à s'inscrire dans un registre universel tout en se libérant des schémas de l'histoire de l'art qu'on nous enseigne selon un ordre chronologique propre à l'Europe», indique-t-elle. Autrement dit, l'art algérien continue d'exister et de se renouveler et ce, en dépit des difficultés auxquelles les générations d'artistes sont confrontées. A la croisée de plusieurs influences, orientales, occidentales et locales, l'art algérien ne cesse de devenir original, à la fois authentique et ouvert aux décryptages universels. «Les critiques y trouvent à la fois l'originalité géographique et la tendance des temps actuels», dit-elle. Il est parvenu à se faire connaître et reconnaître au-delà des frontières. D'ailleurs de nombreux plasticiens exposent à l'étranger et leurs 'uvres sont cotés dans le marché de l'art international.
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