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Hommage posthume à Amar Bellahcène



Hommage posthume à Amar Bellahcène
Un vibrant hommage a été rendu à l'écrivain, journaliste et chercheur, le regretté Ammar Bellahcène, lundi à l'université d'Oran, à l'occasion du transfert de sa bibliothèque personnelle vers celle de la faculté des sciences sociales qui porte son nom.Cette journée de commémoration a été marquée par la présence d'universitaires, notamment des amis de feu Bellahcène, disparu le 29 août 1993 à l'âge de quarante ans, des suites d'une maladie qui ne l'a pas empêché de léguer un héritage scientifique, littéraire, journalistique et surtout un exemple d'engagement et de dévouement pour les générations futures et ce, jusqu'à son dernier souffle.Le recteur de l'université d'Oran 2, M. Amroun, a témoigné «ses sentiments les plus sincères aux membres de sa famille présents» et n'a pas manqué de remercier le professeur Zaoui Hamza qui est à l'origine de cette initiative, tout en mettant l'accent sur l'importance de «rendre hommage aux universitaires avant qu'ils ne disparaissent».Le doyen de la faculté des sciences sociales, les chefs de département et les membres de conseil scientifique ont également témoigné leur reconnaissance pour le travail accompli par Amar Bellahcène, en insistant sur l'importance de cette rencontre qui a permis de réunir la famille universitaire pour se remémorer son histoire à travers celle leur ami disparu.«C'était l'homme du consensus, l'ami, l'artiste, le chercheur et l'humaniste. Tout le monde l'aimait et on l'aime toujours. Grâce à lui, tout le monde s'est retrouvé aujourd'hui dans une atmosphère solennelle et fraternelle à la fois pour faire une sorte de bilan moral de ce qu'a été la faculté des sciences sociales et toute l'université et ce qu'elle a accompli depuis.Une sorte de miroir vers le passé pour mieux appréhender l'avenir», a commenté pour sa part le professeur Berriah Mokhtar, venu avec tous ses étudiants de philosophie et géostratégie. Et d'ajouter : «Nous parlons à nos étudiants des grands auteurs, mais nous oublions souvent d'évoquer les noms de ceux qui viennent des mêmes villes et quartiers qu'eux et qui ont laissé tant de choses (?), un héritage académique et littéraire universel qui pourra leur montrer les horizons d'un futur meilleur pour leur pays.»Emu et fasciné, Abdellatif Benaiche, étudiant en mastère de géostratégie, a déclaré : «J'ignorais qu'un tel homme a laissé tout ce legs de savoir ici à Oran. Il a été précurseur dans plusieurs domaines et nous n'en faisons la connaissance qu'aujourd'hui. Nous avons une grande chance, mais nous devons aussi nous rapprocher encore plus de nos enseignants qui sont encore en vie.»Et c'est justement ce que rappelle le professeur El Ayadi, ami de Bellahcène, qui raconte comment «ce chercheur prolifique trouvait le temps de s'asseoir avec ses étudiants, mangeait avec eux et en profitait pour continuer sa mission d'enseignant dans une pédagogie que tout le monde devrait suivre».D'autres enseignants ont appelé à ce que la bibliothèque personnelle, riche de 580 livres, soit gérée de manière stricte, en lui réservant un box tout en préservant les notes portées sur les pages ou sur les feuilles orphelines.En outre, Zaoui Hamza a appelé à l'institution d'une commission qui serait chargée de mener un travail de collecte des publications d'Amar Bellahcène à travers les revues internationales. «Feu Amar Bellahcène écrivait beaucoup et je découvre encore aujourd'hui ses textes académiques, articles scientifiques ou nouvelles dans des revues à travers le monde. Il faut mener un travail dans ce sens. Pourquoi ne pas instaurer une journée d'étude annuelle ou un séminaire autour de son ?uvre», a déclaré M. Zaoui, avant de rappeler le parcours de son ami.En effet, les deux hommes ont travaillé ensemble au quotidien El Djoumhouria en lançant le supplément culturel «Feuilles contemporaines». Ils ont également animé pendant une dizaine d'années une émission de radio nationale, «Débats». Amar Bellahcène a été correspondant de plusieurs journaux et a également travaillé à l'APS. Il a découvert le monde de la presse à Oran dès sa venue de Maghnia (Tlemcen) pour intégrer l'université après une expérience dans l'enseignement fondamental. Il était nouvelliste, avec une plume d'une rare sensibilité, comme en témoigne son ami Hamza.C'est ce que rappelle également le professeur Aziz Bentarmoul : «Je l'ai connu en étant journaliste moi aussi et je l'ai découvert comme chercheur. Il avait un talent extraordinaire. Il a été le premier à aborder des thèmes très poussés comme la sociologie de la littérature.» En effet, Amar Bellahcène a lancé le premier laboratoire liant la sociologie à l'art, la littérature et la culture dans une unité de recherche qui deviendra ensuite le Centre de recherche en anthropologie culturelle (Crasc).Des journalistes étaient également au rendez-vous pour rendre hommage à ce chercheur créatif, qui a érigé des ponts entre le monde de la recherche et celui de la presse, tant la culture était l'une de ses passions, comme il l'a souligné en abordant une grande thématique qui reste d'actualité : Intelligentsia ou intellectuels '
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