Oran - A la une

Histoire : l'Algérie durant la colonisation en débat Oran : les autres articles



Histoire : l'Algérie durant la colonisation en débat                                    Oran : les autres articles
L'IDRH a abrité, avant-hier au soir, une conférence qui a pour thème l'histoire de la colonisation en Algérie. Intitulée «Pessimisme de l'Intelligence, optimisme de l'Indépendance», la communication, donnée par le professeur Brahim Senouci, a permis de dégager une lecture multiple des 132 années d'un colonialisme féroce qui a sévi en Algérie.
Toutes les interventions ont été unanimes à reconnaître que la présence de la France en Algérie a été catastrophique sur le plan humain, comme l'a affirmé le conférencier : «Durant plusieurs décennies, plus de 2 millions d'Algériens ont été touchés par l'application du fameux code de l'Indigénat, spoliés de leur richesse et obligés de quitter leurs régions respectives pour être parqués comme des animaux dans des camps de concentration. Ils ont été contraints de fuir et s'exiler dans des camps de réfugiés dans les pays voisins ou s'installer dans la métropole».
Malgré les multiples évènements et massacres perpétrés depuis 1830 et commandités par les différents généraux qui se sont succédé en Algérie jusqu'à l'avènement de l'indépendance, la goutte qui a fait déborder le vase a trait aux douloureux événements de Sétif et Kherrata du 8 mai1945. Alors que le monde entier célébrait la défaite du nazisme, en Algérie, l'Armée coloniale française a perpétré un génocide sur la population, et cela, en dépit de l'enrôlement dans le corps expéditionnaires de plus de 50 000 «indigènes» qui ont activement participé à la libération de l'Europe. Elle a massacré en compagnie de colons plus de 45 000 Algériens qui avaient, à l'époque défié, l'ordre établi dans la colonie en exigeant d'être des hommes libres.
Le professeur Senouci de l'université de Pontoise, après avoir longuement évoqué l'instrumentalisation de la violence par les gouvernements des deux pays qui se sont succédé à la tête du pouvoir depuis 1962, a indiqué dans ce sens que «La violence extrême de l'invasion coloniale et la guerre d'indépendance sont mise en avant. Elles ont engendré, durant cette période, un fossé entre les deux peuples. Il faudrait à présent des décennies pour combler ce vide». «Malgré plusieurs démarches d'intellectuels, a-t-il souligné, la réconciliation entre l'Algérie et la France butte essentiellement à cause de l'incapacité des officiels Français à reconnaître le génocide perpétré durant les 132 années de colonisation».
Pour sa part, M. Bahloul Mohamed, économiste et Directeur de l'IDRH, a révélé que ces traditionnelles rencontres, qui sont organisées cette année sous le signe «Les nuits du Cinquantenaire de l'Indépendance», constituent, durant ce mois sacré, des cellules de réflexion et d'interrogation libre composées d'éminents professeurs, des cadres et des personnalités, des sujets d'actualité, socioéconomiques, historiques et culturels.
L'orateur n'a pas manqué, dans son intervention, de dénoncer la violence, la rente pétrolière et les effets de la corruption qui ont gangrené la société algérienne en lançant un appel pour que la richesse acquise grâce aux hydrocarbures soit transférée en un capital productif au service du développement économique et la création de l'emploi au lieu de l'importation des produits.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)