La construction du Palais des expositions d'Oran (CCO Mohamed Benahmed) est une aubaine pour les riverains de la cité Akid Lotfi, un conglomérat d'habitations de type LSP érigées durant les années 2000.
Sans cela, cet ensemble situé entre la route de Canastel et le nouveau boulevard du Millénium ressemblerait aux innombrables cités sans âme qui ont proliféré aux quatre coins de la ville. C'est en réalité le jet d'eau aménagé en contrebas par Sonatrach pour embellir l'édifice et faire plaisir aux participants du GNL16 (avril 2010) qui représente l'attraction nocturne des habitants, hommes, femmes et enfants retrouvant là un peu de fraîcheur. Les soirées d'été conjuguées au Ramadhan sont propices aux longues veillées, d'où cette animation très particulière. Une espèce d'esplanade, très large et bordée de palmiers, qui est en réalité une aire de séparation d'une double voie de circulation, ne désemplit pas durant une bonne partie de la nuit. «Cet endroit, pourtant pas encore tout à fait aménagé, représente le seul centre d'attraction nocturne de masse en dehors du centre-ville historique (rue d'Arzew, rue Khemisti et le Front de mer) qui reste la destination principale des habitants d'Oran affluant de l'Est, de l'Ouest comme du Sud», estime un habitant, un parmi les innombrables nouveaux acquéreurs de logements dans cette zone. «Avec le temps, j'ai, enchaîne-t-il, fini par m'acclimater, et aujourd'hui, j'éprouve de moins en moins le besoin de ''descendre en ville''.»
Oran a besoins de nouveaux centres pour atténuer la pression, car partout ailleurs, y compris sur le Millénium, le temps semble s'être arrêté avec les rues qui se vident à la tombée de la nuit. En face du CCO, c'est une nouvelle dynamique qui est impulsée, à commencer par les commerces. Mais ce sont les mêmes réflexes que ceux du centre qui sont reproduits. En plus des produits de consommation, des objets épars, notamment des jouets pour enfants, sont proposés aux promeneurs tout le long du parcours. C'est en tout cas la chaleur qui booste la vie nocturne. Pour ceux dont les appartements ne sont pas équipés en climatiseurs, flâner le soir est la seule solution qui s'offre à eux pour échapper à la chaleur humide qui caractérise les villes côtières.
Cette partie de la ville est également érigée sur un plateau qui débouche sur une falaise mais dont la vue sur la mer est cachée par l'imposant édifice bordé par un hôtel 5 étoiles, le Méridien. Juste à côté, le terrain, qui devait abriter la cité de la Mer, l'ensemble immobilier luxueux imaginé par un bureau d'études coréen pour le compte d'investisseurs saoudiens est toujours clôturé, mais le projet ne verra sans doute jamais le jour. Ses effets sur son environnement immédiat auraient été intéressants à étudier : comment harmoniser un site abritant en même temps un habitat modeste et un ensemble haut standing. Pensé il y a près d'une vingtaine d'années, l'aménagement de la frange maritime est (le prolongement du célèbre ouvrage du front de mer, la «carte postale» d'Oran, commence juste à prendre forme.
Curieux hasard, toute proportion gardée, c'est aussi un jet d'eau, celui aménagé en face de l'hôtel Sheraton qui attire également les résidants en quête de fraîcheur nocturne. Certains s'y rendent avec leurs véhicules. Mieux encore, ce lieu, un immense rond-point, est devenu la destination incontournable des cortèges nuptiaux durant toute l'année, mais surtout en été, la saison étant favorable. «Jadis, on tournait autour du mausolée de Sidi Senouci (situé au bout de l'avenue Choupôt, toujours à l'intérieur du périmètre urbain, ndlr) pour recevoir la baraka du saint, mais, aujourd'hui, personne ne semble se soucier de la tradition», remarque une femme qui voit sans doute d'un mauvais 'il ce glissement du sacré vers le profane. Mais à Oran, où on a beaucoup souffert et pendant longtemps de la pénurie d'eau, la symbolique de l'eau est peut-être également sacrée. Il y a à peine quelques années, il était impensable d'ériger des jets d'eau, maintenant, à l'instar de ceux de l'ancienne place Rouxe (M'dina Jdida) et de l'ancienne place Sebastopol, la ville en a en revendre.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Djamel Benachour
Source : www.elwatan.com