Le ras-le-bol des mandataires
Devant la dégradation inexorable des halles centrales de la ville d’Oran, un établissement public hérité de l’ère coloniale puisque réalisé en 1946, les 173 mandataires qui y exercent ainsi que leur association crient au scandale et interpellent encore les pouvoirs publics, à leur tête le wali et le maire.
Hier, les représentants des mandataires que nous avons rencontrés au marché de gros ne sont pas allés par quatre chemins pour dénoncer ce qu’ils considèrent être «l’inertie de la direction de cette importante enceinte commerciale». Après nous avoir fait visiter en partie ce marché, où nous avons constaté un manque flagrant d’hygiène et de sécurité, les responsables de l’association des mandataires ont rejeté la responsabilité de cette situation sur la direction de l’établissement. Selon le porte-parole de l’association, «l’actuelle direction ne fait rien pour améliorer les conditions d’exercice». «Voyez ces immenses tas d’ordures, ces murs qui s’effritent à vue d’œil, ces toiles d’araignées et toutes ces saletés. Nous n’avons ni toilettes pour soulager nos vessies ni aucune commodité», dira-t-il. Sur place, nous avons pu constater que certains ne s’embarrassent pas pour uriner au pied des murs de l’imposante enceinte. De ces urinoirs improvisés, des odeurs pestilentielles agressent l’odorat et la vue. Selon nos interlocuteurs, en l’absence des forces de l’ordre, les lieux sont soumis au diktat de bandes mafieuses qui s’y comportent comme en territoire conquis. «Le soir, le marché est transformé en lieu de beuverie et de commerce de la chair. Il y a quelques jours de cela, des énergumènes ont conduit ici deux femmes qu’ils ont violées», assure l’un des responsables de l’association qui reproche à la direction «de ne rien faire pour stopper la descente aux enfers». Le directeur de l’établissement étant appelé ailleurs, nous n’avons pu recueillir son avis sur cette situation. A signaler qu’au moment où nous faisions le tour des carreaux, un mandataire s’en est violemment pris à nous pour nous reprocher d’avoir rapporté les propos d’un mandataire qui s’interrogeait sur «la destination prise par le produit de la quête organisée par cette association auprès des mandataires». Pour rappel, afin de défendre les intérêts de ses adhérents, l’association des mandataires du marché de gros avait organisé une quête. Des dizaines de mandataires lui ont ainsi versé, contre récépissé, la somme de 300 dinars. Ne voyant rien venir, certains ont posé la question pour savoir où est passé cet argent et si la quête était autorisée. De même, des mandataires, qui assurent avoir réalisé d’importants travaux sur le site qui leur était destiné à Es-Sénia sont à réclamer le remboursement des frais engagés après que le projet a été abandonné.
M. Nemili
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com