Quelle stratégie financière pour le logement ? Après la réalisation en quelques années d'un parc de logement important, l'Etat veut faire le point sur le côté financier de toute cette opération de construction de logements menée contre vents et marées face à la réalité du terrain. C'est le ministère des Finances qui prend les choses en main en décidant d'installer un comité qui aura pour mission d'examiner la question du financement du logement et des interventions financières de l'Etat. Cet organisme a été mis en place, hier, par le ministre du secteur, M.Karim Djoudi, au siège même de ce département ministériel. Composé de représentants du ministère des Finances, dont le Budget, les Domaine et les Impôts, et aussi de représentants de l'Habitat, de la Caisse nationale du logement (CNL) ainsi que des représentants de banques publiques et privées, le comité aura du pain sur la planche pour établir un état des lieux de tous les dispositifs de financement et d'interventions financières en direction du logement et faire, par là même, une évaluation de la stratégie financière de l'Etat. C'est la première fois que l'Etat va compter les sous destinés au logement et faire ressortir toutes les lacunes d'un système mis en place il y a des années pour permettre au simple citoyen d'accéder au logement facilement. Plusieurs formules pour prétendre à un toit mais aussi d'énormes tracasseries avant d'habiter son logement, selon les professionnels du secteur et les acquéreurs. Avoir clé en main n'était pas toujours évident, que ce soit pour le logement social, social participatif ou le logement location-vente, pour ne citer que ces trois formules en vogue depuis quelques années. L'Etat contribue soit en totalité soit en partie dans le financement de ce type de logement mais n'a jamais présenté une situation de la réussite ou de l'échec des dispositifs mis en place. Faut-il continuer dans la même démarche de financement ou faire un arrêt pour revoir toute la stratégie ? On pense maintenant à la question. Une façon de reculer pour mieux sauter. Pour les professionnels dans le domaine, cette évaluation vient à point nommé pour permettre à tous les acteurs de voir clair sur tous les plans. Le financement étant l'un des piliers essentiels pour l'aboutissement de tout projet immobilier. L'aide de l'Etat et l'accès à cette aide a été la dure épreuve passée par les Caisses nationales du logement (CNL) et les promoteurs immobiliers. Pas facile de gérer cet argent pour la CNL et pas facile de toucher ses sous pour les promoteurs. De 20, l'aide de l'Etat a augmenté jusqu'à 50 millions de centimes, destinés aux acquéreurs qui remplissent les conditions de solvabilité. Mais jusqu'à présent, les promoteurs immobiliers se plaignent de la lenteur de la procédure et du taux, 30% seulement du montant de l'aide accordée en première tranche en attendant le reste. Faut-il augmenter, encore une fois, l'aide de l'Etat ? C'est le voeu des bénéficiaires et des promoteurs immobiliers aussi. L'un de ces promoteurs estime que «devant les mutations qu'a connues le marché de l'immobilier, il est important de revoir cette aide de l'Etat à la hausse. 800.000 dinars, pourquoi pas». On ne sait pas si une telle revendication peut être prise en charge par ce comité qui vient d'être installé. Ce dernier soulève aussi le problème des cadres qui ont été exclus de certaines formules à cause de leurs salaires et qui ne peuvent pas, cependant, prétendre au promotionnel parce qu'il est au-dessus de leurs moyens. Pour un responsable au niveau de la Caisse nationale du logement, c'est le comité installé qui sera chargé de faire une évaluation de toute l'opération de financement du logement et de décider des modalités de changement, si nécessaires, du système mis en place jusqu'à présent. Concernant l'aide de l'Etat, le même responsable souligne que «l'aide de l'Etat était de 1/3 avant, maintenant elle n'est que de presque 1/5. C'est le travail du comité de démontrer s'il faut la maintenir ou l'augmenter ou alors revenir à la bonification sur le logement. Une méthode déjà expérimentée mais qui a nécessité un suivi commercial pénible pour les institutions impliquées dans cette opération». Pour toutes ces questions et bien d'autres, le comité devra faire une évaluation et proposer l'alternative si le bilan établi est négatif.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : B Mokhtaria
Source : www.lequotidien-oran.com