Bouteflika à Oran : Le cliché et la réalité
Les déclarations faites, à grand renfort de soutien au programme du président de la République, lors des dernières élections législatives, se sont avérées une arnaque pour faire élire des candidats, si l’on devait en juger de par l’inertie qui a caractérisé l’action partisane sur le terrain. Les promesses pour améliorer le quotidien des Algériens n’ont pas été suivies d’effet, ce qui laisserait supposer que rien n’a été fait pour concrétiser des paroles tenues, un peu trop légèrement, peut-être. Et ce ne sera pas la frénésie soudaine qui prouvera le contraire ou qui plaidera en faveur d’une activité normale de responsables locaux qui désirent donner l’impression que le citoyen reste au centre de leurs préoccupations. Une agitation qui frise le ridicule en faisant «cravacher» des ouvriers à un rythme en contradiction avec la législation.
Cette hypocrisie collective n’est pas le propre d’Oran, mais celle de la quasi totalité des villes du pays, qui plongent dans une léthargie assassine pour le développement local, mais qui se réveillent brusquement, à l’annonce d’une visite officielle, en injectant massivement engins et main d’œuvre pour éliminer les dos d’ânes, combler les crevasses, refaire les peintures et l’éclairage, et planter abusivement drapeaux et oriflammes sur l’itinéraire présidentiel tout en surpeuplant les trottoirs de foules pour donner l’illusion d’un accueil chaleureux. Si les Algériens, à Sétif tout comme aujourd’hui à Oran, ont répondu à l’appel en se massant sur les trottoirs, ce ne sera pas pour se faire les complices de responsables qui ne font pas autant d’effort pour les soulager de leurs peines quotidiennes, mais pour exprimer un soutien sincère à un président qu’ils ont élu et réélu et auquel ils tiennent à témoigner leur estime, en restant mobilisés autour de l’action qu’il mène, quitte à dénoncer le laxisme ambiant qui les frappe, d’habitude.
Si le président a droit à une ville propre, il n’est pas dupe et sait ce qui se passe. Il a, d’ailleurs, affirmé à plusieurs occasions que nos villes sont sales et c’est, justement, pour dire à ceux qui l’ont suivi lorsqu’il avait fallu surmonter les difficultés d’une concorde et d’une réconciliation douloureuses que Bouteflika est venu leur rendre visite en plein juillet, un mois caniculaire censé être la période de vacances par excellence. Au-delà du cérémonial et du folklore, le président demandera des comptes et voudra savoir pourquoi l’EHU, ce joyau de la Santé publique, n’est toujours pas opérationnel. Il cherchera à comprendre pourquoi le robinet des Oranais reste sec, et pourquoi les 5.000 logements AADL n’ont toujours pas été livrés alors que 70.000 pères de famille ont déposé des demandes depuis des années.
Autant de questions auxquelles il faudra répondre, sans oublier celles que le président réservera à ceux qui pensent l’embobiner. Si l’Algérie a eu recours aux Chinois ou aux Espagnols, pour pallier au manque de compétitivité de ses opérateurs locaux, elle ne peut, en revanche, faire appel à des coopérants étrangers pour la fonction publique pour changer les mentalités. Ce qui pourrait expliquer la folie ambiante, car des têtes pourraient tomber.
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com