Une synthèse en live de deux genres de musique aux racines communes.
C'est la sortie dans les bacs, à l'initiative du distributeur Doumia Music, de l'album Baraka, nouvel opus né de l'imagination de Chico, désireux de produire un duo pluriel avec cheb Aïssa et les Gypsies. C'est le public oranais du Théâtre de verdure qui en a eu la primeur en soirée, le 5 juillet dernier, date anniversaire d'un demi-siècle d'indépendance, moment éminemment symbolique qui a ravi les aficionados de la ville la plus espagnole d'Algérie, et doublée d'un disque qui fera sans doute date auprès des mélomanes du raï et du flamenco dans une synthèse en live. Produit par Michel Lévy aux initiatives toujours pertinentes, Baraka est une compile de douze morceaux issus du patrimoine algéro-ibéro-maghrébin, non pas selon le principe du «copier/coller», mais dans un feu d'artifice de standards revisités avec une voix inouie et une originalité dans les arrangements musicaux, notamment.
Cet album confirme la place qu'occupe désormais Ali Chérif Benaïssa, dit cheb Aïssa, dans le panthéon des interprètes du raï. Celui qui a chanté pour la première fois en public à douze ans, influencé par une grand-mère meddaha, s'est révélé avec son premier opus Nouara. En 2011, Chico Bouchikhi, dont l'enracinement et l'attachement au patrimoine musical algérien ne sont plus à démontrer, lui propose un projet de fusion des cultures gitanes et raï.
Les voici donc en studio et ils s'affairent avec les Gypsies à redonner une énergie nouvelle et une modernité à un certain nombre d''uvres issues de la bonne tradition. Qu'il s'agisse de Boualem (Abdelkader), de Dore biha (ya chibani) de Gouli ou de Ya Rayah, la performance fusionnelle emporte l'adhésion. Les passages chantés ou joués en espagnol et en arabe composent une mosaïque où triomphe l'harmonie des sonorités musicales aux origines finalement cousines. Les standards espagnols, tels que Barcelona ou Tu sabes (Tu savais) ne jurent en rien avec l'incorporation de cheb Aïssa.
Chaque interface des deux patrimoines élabore une symbiose parfaite. Ya Rayah, par exemple, comporte un passage chanté qui fait la part belle au texte évocateur du grand Dahmane El Harrachi. A une époque où des fusions et mélanges sont légion, nul doute que Baraka occupera une place à part et qu'il animera les fêtes et les soirées et mettra le feu au «dance floor» qui laisse libre cours au langage des corps !
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mouloud Mimoun
Source : www.elwatan.com