Exit le groupe B, considéré au coup d'envoi comme celui de la mort, avec la Côte d'Ivoire, le Nigéria et le Mali. Ce dernier est passé à la trappe dès la première phase, alors que le Nigéria a échoué en quart de finale face au Ghana. Quant à la Côte d'Ivoire, tout le monde a pu constater ses limites, notamment en défense, où elle fut débordée par les Egyptiens. En fin de compte, les deux finalistes figuraient dans le groupe C et se sont même affrontés le 22 janvier dernier. Ce jour-là, les Egyptiens ont montré qu'ils n'avaient nullement l'intention de laisser filer leur titre, en surclassant les Camerounais. On a cru alors que tout a été dit et que les «Lions indomptables» étaient en déclin. Or, les victoires contre la Zambie et le Soudan leur ont permis de rebondir et de se qualifier pour les quarts de finale qu'ils franchirent aux dépens des Tunisiens. Enfin, tous les observateurs pronostiquaient leur fin de parcours face au favori n° 1, le Ghana. Hélas pour les «Blacks Stars», leur rêve s'est brisé sur la défense inexpugnable commandée par le capitaine au long cours Rigobert Song. Et voilà comment le Cameroun a ressuscité et se retrouve aujourd'hui en finale. «L'important dans le football moderne, c'est l'efficacité», clame Song à qui veut l'entendre. Pour l'avoir vu à l'oeuvre face aux Ghanéens, on comprend fort bien son discours. A l'image de son équipe, il plie mais ne rompt pas. Dur au mal, il donne un bel exemple de combativité à ses coéquipiers. Et c'est ce «guerrier» avide de revanche que les Pharaons vont retrouver aujourd'hui. Tout comme le fier Eto'o, Song veut laver l'affront subi lors de la première journée. Les Egyptiens, en gens conscients de la situation, savent fort bien que c'est un autre match, dans un autre contexte, avec des données différentes. Ils n'ignorent pas que le Cameroun est monté en puissance au fil du déroulement de la CAN, au point de devenir beaucoup plus compétitif et plus efficace. Face à cet épouvantail qui se dresse sur leur chemin vers la gloire, les partenaires d'El-Hadari miseront sur leur superbe cohésion et leur jeu collectif, peut-être le plus élaboré du continent. La principale force des Egyptiens, c'est la solidarité et où même les plus brillantes individualités comme Abou Treika et Zidan, pourtant icônes dans leur pays, s'effacent bien volontiers au profit du groupe. Lorsque tout va bien pour eux, les Pharaons sont capables de faire douter n'importe quel adversaire par leur habileté à conserver le ballon avant de «plonger» en profondeur dans le camp adverse, comme ils l'ont démontré face aux Ivoiriens. Mais les Camerounais ne sont pas aussi naïfs et tout porte à croire qu'ils choisiront encore une fois face à ce rival plus technique, d'attendre avant de saisir la moindre occasion qui s'offrira à eux. Toutefois, le coach Hassan Shehata n'est pas dupe quant à la tactique employée par les Camerounais. Alors, comment s'y prendre pour éviter toute désillusion face à ce rival que les Egyptiens, forcément, ont appris à respecter ? Un match ne ressemblant jamais à un autre, les camarades d'Abou Treika devront faire preuve d'une extrême concentration et se montrer patients. Une chose est certaine, ce débat s'annonce passionnant par son formidable enjeu et par toutes les inconnues qu'il recèle.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Adjal Lahouari
Source : www.lequotidien-oran.com