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Fin d'un feuilleton : Renault officialise sa venue à Oran



Comme dans les longs feuilletons latino-américains ou arabes suivis avec passion dans les chaumières, Renault aura cultivé le doute - et négocié- jusqu'aux ultimes moments avant d'officialiser sa venue.
L'accord pour l'implantation d'une usine à Oued Tlelat sera bien signé aujourd'hui, à l'occasion de la visite de François Hollande en Algérie.
Le doute a duré jusqu'au bout. Et si Renault ou l'Etat français était toujours actionnaire à 15% et faisait défection malgré les annonces ' La visite de François Hollande en Algérie rendait plutôt improbable cette défection, mais le feuilleton Renault a duré si longtemps et les négociations si rudes, qu'il restait une marge d'incertitude… L'absence de signature d'un accord Renault aurait littéralement plombé la visite de François Hollande. C'est en effet le seul accord économique important et «visible» de cette visite, que l'entourage du président français veut «politique» et non «commercial». Il va sans dire, que les responsables français et algériens sont soulagés d'avoir «enfin» un accord sur un dossier qui a beaucoup traîné. Les retards et les reports ont d'ailleurs largement instillé le doute et suscité des critiques à l'égard de la «persistance» du gouvernement algérien, à courir derrière un projet dont Renault ne voulait pas. Carlos Ghosn, patron de Renault, qui ne sera pas du voyage, a littéralement dit qu'il était contraint de faire cette usine, car c'est l'Etat algérien qui l'exige. Du point de vue de l'entreprise, l'investissement dans une usine en Algérie ne se justifiait pas, après l'entrée en activité des usines de Tanger, qui produisent 400.000 voitures par an. Côté algérien, on a fait valoir que le marché algérien où Renault domine, suivi d'ailleurs par Peugeot, justifie l'implantation d'une usine et le développement (relance) de l'industrie mécanique en Algérie.
UNE CONFIGURATION CONNUE EN ATTENDANT LES DETAILS
Si Renault ne vient pas, d'autres constructeurs pourraient le faire. C'est l'argument de la partie algérienne qui n'a pas été sans effet. Il reste qu'il a fallu près de trois ans de négociation pour aboutir à un accord qui sera signé, aujourd'hui, par Cherif Rahmani, ministre de l'industrie et Jean-Christophe Kugler, directeur de la zone Euromed-Afrique de Renault. On devrait connaître un peu plus sur l'accord, dont la configuration est déjà connue : 49% pour Renault, 36% pour la Société nationale des véhicules industriels (SNVI) et 15% pour le fonds national d'investissement algérien (FNI). L'usine devrait produire en 2014 entre 25000 et 30000 voitures par an, avant de monter en cadence. Il reste à connaître comment les points de divergences ont été aplanis. Il en est ainsi de la destination de la production, exclusivement pour le marché algérien, selon Renault, en partie pour l'exportation selon la partie algérienne. Il est entendu qu'avec 75.000 véhicules, ce sera uniquement le marché algérien qui sera ciblé. Mais la partie algérienne qui table sur un doublement de cette production, a défendu l'idée que l'on puisse en exporter une partie. L'accord qui se serait dessiné prévoirait, ce n'est pas une surprise, que les véhicules produits en Algérie ne peuvent être exportés vers l'Europe. Par contre, il est envisagé la possibilité d'exporter vers les pays africains une partie de la production.
Renault a-t-il arraché formellement une interdiction d'installation d'un autre constructeur durant cinq ans ' On attend de le savoir et on imagine que le groupe Volkswagen sera intéressé de le savoir. Certaines sources affirment que Volkswagen s'est fait une raison et prospecter du côté du Maroc où une telle clause d'interdiction d'investir n'existerait pas. Le groupe Renault ne se contente pas de donner des couleurs à la visite de François Hollande, il fait une excellente affaire. Pour l'Algérie, il faudra attendre de faire l'inventaire…
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