Asmaa, du réalisateur Amr Salama, lors de sa projection à la salle Es Saâda, est l'un des films pressentis pour décrocher le Wihr ed'dahabi.
Il s'agit tout simplement d'une histoire bouleversante et véridique d'une femme atteinte de ce mal nommé VIH (sida), dont peu de gens, dans le monde arabo-musulman, osent parler en toute liberté. Ce film, pour le moins audacieux, a pour seule fin de donner des coups de pied dans la fourmilière et de briser un tabou qui plonge, faut-il le constater, l'ensemble de l'élite arabe dans une léthargie profonde. Ce film retrace le parcours de Asmaa, une jeune femme qui a été inffectée par son mari, puis à la suite du décès de ce dernier, elle se rend au Caire, en compagnie de sa fille et de son père, la peur au ventre, de se savoir contaminée par ce mal honteux, d'autant plus qu'elle a été atteinte déjà d'une autre maladie que les médecins ont refusé de prendre en charge.
Ne baissant pas les bras pour autant, elle décide de jouer le tout pour le tout afin de trouver une solution. La chance lui sourira, quand on lui proposera de passer dans une émission de télévision afin de parler ouvertement de cette maladie, et de contribuer à briser le tabou. Cette décision n'est pas sans risques. Son passage à la télé est une arme à double tranchant : soit cela permettra de résoudre, une bonne fois pour toutes, son problème, soit, et là est le danger : son témoignage peut engendrer des réactions négatives de la part du grand public, qui sera convaincu que les malades du sida sont les pires criminels. On saura aussi, dans ce film, que la première femme à avoir divulgué ouvertement qu'elle est atteinte du sida, était une Algérienne.
Hind Sabry est tout simplement bouleversante dans le rôle de cette femme, qui reste malgré tout debout, et qui ne perd jamais espoir.
Amr Salama réalise tout simplement une véritable prouesse cinématographique, malgré son jeune âge, et propose au public un sujet qui dérange et qui donne à réfléchir. Né en 1982, le réalisateur n'a pas fait, formellement, des études cinématographiques.
Son premier film, Comme ce jour, sorti en 2008, qui lui avait valu, l'année suivante, la reconnaissance des professionnels du cinéma, et d'avoir été nominé comme «l'une des étoiles les plus brillantes de l'avenir du cinéma égyptien». Il est aussi connu pour avoir réalisé une partie du film sur la révolution égyptienne, qui s'intitule Libération 2011, gentil, âcre, politique et documentaire. Ce film a été choisi, respectivement, dans les festivals de Venise, Toronto et Amsterdam.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Akram El Kébir
Source : www.elwatan.com