Regrets - Son âme spoliée, ses vergers transformés et sa ville dénaturée, ne restent de Hammamet que des vestiges. Cette commune est devenue méconnaissable et vulnérable.
Hammamet ' Baïnem pour les nostalgiques ', cette paisible commune blanche avec, jadis, ses vergers, ses rivages, son jasmin et ses fleurs d'orangers qui la parfumaient, ses pêcheurs et ses agriculteurs qui l'entretenaient et dont les habitants ne demandaient rien à personne jusqu'au jour où, très vite, «vautours et charognards ont afflué, et à la faveur du laxisme des autorités, ont spolié son âme.
Ses vergers ont été piétinés et sa ville défigurée. Il ne reste de cette commune que des vestiges. Elle est devenue méconnaissable et vulnérable. Le béton ronge ses espaces naturels. Les autorités sont absentes. Personne ne fait rien pour protéger la commune de mes ancêtres.
De grâce, faites en sorte que ça cesse. J'ai peur que Hammamet disparaisse», nous dit aâmi Mokrane, un natif de père en fils de cette commune. Nous avons remué le couteau dans la plaie de ce centenaire, qui nous parle des interminables parties de boules qui se déroulaient à Belvédère, les rencontres de football contre les colons à La Fayette, les interminables concours de pêche à Baïnem falaise et les veillés au Lotissement des roses.
C'est d'ailleurs les larmes aux yeux qu'il évoque certaines personnes de sa génération, «aujourd'hui disparues» certains souvenirs «impérissables» d'une période assez lointaine.
Quant aux bains romains aujourd'hui disparus après des décennies d'affaissement des montagnes et le mépris des hommes, il ne reste que celui dénommé «Ouled Affroun», transformé en un lieu de prédilection pour des marginaux. Notre interlocuteur décide, à notre grand regret, de nous quitter les larmes aux yeux, en nous disant : «Barakat !». Son compagnon, aâmi Mokhtar, nous fait signe de le laisser partir. «Il est comme ça. Il aime trop sa ville natale. Et il est très jaloux de sa commune.» Ce dernier nous arrange une autre rencontre avec cet authentique fils de Hammamet. Nous traversons en cette matinée printanière avec aâmi Mokhtar, la forêt de Baïnem.
Il nous parle de l'aspect sécuritaire en ce lieu de villégiature. «La semaine dernière, en ce lieu, des voyous armés de sabres et agissant à visage encagoulé, ont instauré un véritable climat de terreur. Cet endroit constitue un des lieux les plus prisés par les Algérois qui y viennent pour pique-niquer, s'offrir une randonnée loin de la nuisance urbaine, se distraire d'une manière ou d'une autre.
Cette détente que procure la forêt, est remise en cause en raison de la multiplication, depuis quelque temps, d'agressions physiques dont ont fait l'objet trois personnes qui ont été délestées de leurs téléphones mobiles, d'importantes sommes d'argent et d'autres objets de valeur.
La première victime était au volant de son véhicule. Au moment où elle empruntait les chemins serpentant la forêt, elle a été surprise par trois individus aux visages masqués qui lui ont barré la route en exhibant des objets contondants.
Le conducteur a alors compris qu'il avait affaire à des agresseurs. Sous la menace, il leur remettra 7 000,00 DA et deux téléphones portables. Une fois leur forfait accompli, les trois agresseurs s'évanouissent dans la nature tandis que leur victime se rend à la brigade de la gendarmerie de Hammamet pour porter plainte».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : R K
Source : www.infosoir.com