Oran - Revue de Presse

Exclusif - Le porte-parole d’Al-Baghdadia à La Voix de l’Oranie



«Mountadir Zaidi doit être immédiatement libéré» ans cet entretien exclusif accordé, par téléphone, à La voix de l’Oranie, Abdul-Hamid Essayeh, porte-parole de la chaîne de télévision satellitaire Al Baghdadia pour laquelle travaille le journaliste irakien qui a lancé ses chaussures sur George Bush, prend la défense de celui qui est devenu le héros des rues arabes. La voix de l’Oranie: Un peu partout dans le monde arabe, il n’est plus question que de votre journaliste qui a lancé ses chaussures sur G.W. Bush. Peut-on avoir des nouvelles de Mountadir Zaidi? Abdelhamid Essayeh: Premièrement, je dois saluer toutes les parties, qu’il s’agisse de responsables politiques, de journalistes ou de simples citoyens, ici en Irak ou dans le monde arabe et même au-delà qui ont témoigné d’un élan de solidarité extraordinaire pour se solidariser avec notre collègue Mountadir. Pour répondre à votre question, sachez que Mountadir Zaidi est toujours détenu, en dépit de plusieurs demandes pressantes, ne serait-ce que celles émises dans le sens d’une libération provisoire, en attendant son procès. Je dois même préciser ici que, jusqu’à présent, il n’a pu rencontrer son avocat alors que ce dernier a fait plusieurs demandes pour le rencontrer, ce qui est le moindre de ses droits. Pour notre part, nous avons constitué un collectif d’avocats et pas n’importe lesquels! Je pense que nous avons fait tout notre possible pour lui obtenir la défense la plus puissante qui soit. Ce collectif est présidé par le bâtonnier de Baghdad. - Selon un des juges d’instruction, Mountadir Zaidi aurait effectivement été battu lors de son arrestation. Qu’en est-il aujourd’hui? - Cela confirme ce que nous savions et ce que tout le monde savait. Mais cela ne nous renseigne pas pour autant sur le degré des dommages corporels qu’il aurait subis. Et cela ne fait que renforcer notre revendication pour sa liberté, même provisoire. Malheureusement, les autorités refusent toujours. - La chaîne Al Baghdadia a refusé de s’excuser, à la demande du gouvernement, pour ce qui s’est passé lors de la conférence de presse. Pouvez-vous développer votre position? - Notre chaîne a refusé de s’excuser, cela est vrai, et cela nous met d’autant plus à l’aise que nous avons deux bonnes raisons pour le faire. Premièrement, nous ne pouvons que soutenir le droit à un Irakien de s’exprimer sur une souffrance qu’il a vécue, qu’il partage tous les jours avec ses frères et ses sœurs et ce droit à l’expression, quelle que soit la situation du pays, nous ne pouvons en faire la moindre concession. Cela, indépendamment de la manière avec laquelle il s’est exprimé, laquelle relève, à mon sens, de questions éthiques, morales et juridiques qui sont secondaires dans cette affaire. Deuxièmement, la chaîne Al Baghdadia a le devoir de soutenir ses journalistes, et surtout ses meilleurs journalistes, lorsqu’ils sont en difficulté, à tort ou à raison. Et nous faisons cela ne serait-ce que pour le principe que s’il y a des parties qui ont des choses à lui reprocher et veulent le punir, il doit y en avoir d’autres pour le défendre. Nous tenons à être au premier rang dans ce combat. - Pour finir, pouvez-vous contribuer à affiner le profil de Moutadir Zaidi? - Je suis bien placé pour le faire puisque je suis son supérieur direct et c’est sous mon autorité que Mountadir travaillait tous les jours, sous ma direction. Il a toujours été ce qu’on appelle un journaliste de terrain. Je ne pense pas qu’il y ait une région du pays dont il n’a parlé. Il aimait parler des orphelins, des blessés, de ceux qui payaient le prix de cette guerre. C’était un jeune très impliqué dans son métier et j’ai beaucoup de respect pour lui et, en tous cas, il était d’un enthousiasme à toute épreuve. J’ajouterais que, contrairement à ce qui a été écrit ici et là, il n’a aucune appartenance partisane. Je pense qu’on a dit qu’il appartenait au parti du Baas. Mais c’est faux. Moutandir a 28 ans. Quand la guerre a commencé, il n’avait pas plus de 20 ans. Il ne pouvait être encore dans la politique, d’autant qu’il est issu d’une famille pauvre. En revanche, je sais qu’il a commencé dans la presse écrite, dans le journal Al Furat, dont le propriétaire n’est autre que celui d’Al Baghdadia. C’est donc notre enfant et nous n’abandonnerons pas le combat pour sa libération. Pour finir, je dirais que l’élan de solidarité déclenché partout dans le monde arabe et musulman, comme chez vous en Algérie, a été un facteur de plus dans notre détermination et je remercie tous ceux qui attendent de revoir Mountadir Zaidi libre et lavé de toute accusation. Propos recueillis par Amine B.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)