Des vies humaines en sursis
Comme attendu, des effondrements partiels ont été enregistrés, dans la nuit de samedi à dimanche, plus exactement à 00H30, au niveau des rues Ghazi Boudjemaa et Cherraka Mohamed, en plein cœur du vieux quartier de Sidi El-Houari où une fillette a été blessée.
Ce nouvel effondrement a provoqué la panique parmi les habitants, déjà passablement fragilisés par la précarité de leur situation sociale. Le spectre du dernier tremblement de terre vécu par la population oranaise et doublement ressenti par les habitants des vieux quartiers de la ville a donc encore fait sortir les familles de ce qui leur sert encore d’habitations. Comme d’habitude, Sidi El Houari est à chaque fois que la terre frissonne, sérieusement menacé. Ce qui s’est passé, hier, au n°1 de la rue Ghazi Boudjemaa ainsi qu’aux 3, 4 et 6 rue Cherraka Mohamed, n’est en fait que la suite logique de ce qui était attendu depuis fort longtemps. En effet, tout ce qui sert d’ossature au semblant d’habitation, n’existe plus. Ceci fait que les effondrements, survenus la nuit dernière, étaient réellement attendus du fait que plus rien ne retenait cette cage d’escaliers qui s’est affaissée la première, entraînant dans son sillage des pans de murs presque entiers.
Cette nuit-là, la théorie de l’effet dominos a été vérifiée aux dépens des pauvres hères qui pensaient avoir trouvé refuge dans ces lieux. La cage d’escaliers effondrée, les autres parties n’ont pas été épargnées et ont subi le même sort. De dessous les décombres, une fillette a été extirpée et miraculeusement sauvée d’une mort atroce. Agée d’à peine deux printemps, l’innocente et frêle petite victime s’en est tirée avec une blessure au bras. Et comme un malheur n’arrive jamais seul, au même moment, une dame en attente d’un enfant a été prise d’un malaise pour des raisons évidentes. Pour lui éviter l’irréparable, elle a été évacuée en urgence vers les services hospitaliers d’Oran. Pour rappel, 17 familles habitent au n°1 de la rue Ghazi Boudjemma, dont certaines depuis plus de trente longues et pénibles années. Pas mieux loties que ces dernières, 10 autres familles végètent pas loin, dans une habitation branlante de la rue Cherraka Mohamed. Alertés, des policiers de la sûreté territorialement compétente se sont déplacés sur les lieux où ils ont établi un procès-verbal de constatation du sinistre. Encore sous le choc, une mère déclare «Dès les premiers craquements, une peur bleue s’est installée parmi nous. Nous avons pensé qu’il s’agissait d’un autre tremblement de terre. Marqués par l’expérience, nous ne dormions plus que d’un œil». Une autre mère de deux enfants confiera, à son tour, «Nous avons peur pour nos enfants, et Dieu est témoin de ce que nous endurons». Ces déclarations à chaud démontrent combien est immense la détresse de ces familles. Approché, un responsable du secteur urbain de Sidi El Houari affirmera que les autorités locales ont été saisies par télex sur ce qui s’est passé. Aucune autre disposition précise et pratique n’est venue pour l’instant apaiser les craintes de ces citoyens. L’urgence est bien réelle à Sidi El Houari, comme dans d’autres vieux quartiers d’Oran, des vies humaines risquent d’être emportées à n’importe quel moment. Dans pareil cas, on se trouve désarmé et dans l’incapacité d’expliquer et faire comprendre à ces citoyens algériens, qu’un programme Archimède, initié à coup de voyages dans des villes européennes, pourrait les sauver d’un désastre. La visite récente du ministre de l’Intérieur et de son homologue de l’Habitat, est-elle en mesure de faire activer la prise de mesures adéquates pour la prise en charge de ces éternels sinistrés? A Oran, tout le monde attend des décisions pratiques et efficaces pour le dossier du vieux bâti, des vies humaines en dépendent. El Hamri, lui aussi souvent ébranlé, résistera-t-il ? Ses milliers d’habitants ne dorment plus que d’un œil depuis que trois femmes y sont mortes, ensevelies sous les décombres de leur habitation en décembre 2007, suite à de fortes précipitations atmosphériques.
Le Murjajo qui veille sans sourciller sur le vieux quartier et la baraka de Sidi Abdelkader et Sidi El-Houari réussiront-ils à les sauver indéfiniment? On s’en doute.
Zitouni M.
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com