« Une loi est faite pour être appliquée», formule rageusement un jeune cadre chômeur, faisant certainement allusion à la loi n° 04-19 du 25 décembre, relative au placement des travailleurs et au contrôle de l'emploi (notamment son art. 8). Ce jeudi, le pourtant paisible village Emir AEK, 20 km à l'ouest de Béni-Saf, a failli connaître une journée bien différente que d'habitude. En effet, des jeunes chômeurs du village, insatisfaits d'un recrutement opéré dans leur localité, qui attendaient une réponse, allaient trouver le temps trop long. Ils s'étaient regroupés d'abord, deux jours auparavant, devant le siège de la mairie pour faire part de leur mécontentement. Les responsables locaux leur avaient promis une issue, a rapporté un témoin. Leur revendication, c'est d'avoir le même mérite et le même droit à l'emploi dans un nouveau et unique projet, un poste de fabrication d'énergie électrique H.T., en montage à quelques pas de leur village, pour lequel ils avaient fondé un grand espoir d'y être un jour recrutés. Tout a commencé réellement mardi dernier, première journée de l'année 2008, quand vers 7 heures du matin 27 personnes sont débarquées sur les lieux pour y être placées comme vigiles dans une société de surveillance pour le compte dudit projet. Le jour se leva à peine que la nouvelle fit déjà le tour du village, réveillant le plus somnolent des jeunes, lui aussi tablant sur cette mini-centrale électrique. Aussitôt était né un rassemblement devant le siège de la mairie. Le maire de concert avec les autorités locales, qui s'étaient déplacés sur les lieux, promettent de revenir avec une solution. Le lendemain, une réunion est provoquée avec les représentants de la Sonelgaz. Et après plusieurs heures de négociation, un arrangement est enfin trouvé, recruter 20 jeunes du village parmi ces 27 premiers postes. Cependant, il sera décidé aussi, à l'issue de cette même réunion, qu'un registre soit ouvert au niveau du siège de la mairie, où seront désormais enregistrés tous les demandeurs d'emploi de la localité. Le registre devra cependant servir de plat de résistance pour les prochains recrutements où les meilleures candidatures seront les premières à être placées. On notera ici que dans ce petit village, où la seule alternative d'emploi reste celui la terre (agriculture), les chômeurs représentent presque, nous dit-on, le tiers de la population active pour un total de 4.000 habitants.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : sofiane
Ecrit par : M B
Source : www.lequotidien-oran.com