Oran - Revue de Presse

El Bahdja, la cité oubliée



«En dépit de son appellation, «El Bahdja», notre quartier est devenu celui de tous les dangers. On se demande parfois si on habite à la cité Boussouf ou sur une autre planète », ont signalé, hier, à la radio régionale les habitants du quartier El-Bahdja (l'Eden) de la cité Boussouf.

Selon les plaintes des habitants de ce quartier qu'ils jugent à l'abandon, ils pataugent dans la boue pendant les périodes de pluie. « Même les enfants qui vont à l'école sont obligés de porter des bottes pour ne pas s'enliser dans la boue qui leur monte jusqu'aux genoux ! », ont-ils affirmé. Au crépuscule, tout le monde s'empresse de rejoindre son domicile pour s'y enfermer à double tour, car disent-ils, « l'insécurité et l'absence d'éclairage public favorisent les agressions nocturnes au point que les gens, surtout les femmes et les enfants, ne s'aventurent plus dehors qu'accompagnés, de peur d'être agressés et délestés de leurs biens ». « J'ai été agressée dans le hall même de l'immeuble et délestée de mon portable ! », a assuré une femme du quartier. Malou Mohamed-Chérif, président de l'association du quartier, a confirmé cette situation en ajoutant « que les habitants vivent sous tension ». Il assure « avoir signalé les déboires de ses concitoyens et la situation désastreuse du quartier au président de l'APC, depuis plusieurs années déjà. «L'année dernière, dit-il, le maire nous a invités à patienter encore quelque temps en nous assurant que notre quartier va être pris en charge, dans le cadre d'un programme d'amélioration urbaine. Mais on ne voit rien venir».

 Interrogé à ce sujet, le délégué du secteur urbain de la cité du 5 Juillet duquel dépend administrativement la cité Boussouf, M. Bendakir, loin de démentir les propos tenus par les habitants, dira que le quartier El-Bahdja ainsi que d'autres formant la grande agglomération de la cité Boussouf, vont être pris en charge, dans le cadre d'une opération d'urgence, programmée par le wali et portant sur l'amélioration urbaine. «Mais on peut, d'ores et déjà, avancer que la question de l'éclairage qui pose tant de problèmes aux riverains, va être réglée incessamment », a affirmé le délégué du secteur urbain, en assurant les habitants qu'il y veille personnellement et qu'il insiste pour leur remise en fonction. En ce qui concerne les voies d'entrée, ajoute M. Bendakir, ce quartier était effectivement programmé en 2010, mais l'opération n'a pas pu être réalisée et vient d'être reconduite dans le cadre d'un programme de 68 millions de dinars (6,8 milliards de centimes) par la direction des Réalisations qui démarrera dès ce mois de février ou, au plus tard, le mois de mars prochain ».


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