Les agriculteurs ont manifesté leur crainte
à la suite des dégâts occasionnés par les hordes de sangliers au niveau de
leurs exploitations agricoles, des pertes jugées insupportables par les
fellahs.
Dans certains cas, les dégâts occasionnés
aux récoltes par le sanglier peuvent prendre l'allure d'une calamité. Cela est
d'autant plus préjudiciable pour une région à vocation agricole, car on assiste
ces dernières années à une prolifération de cet animal nuisible. On signale sa
présence en grand nombre dans les différentes localités de la région. Même en
milieu urbain, le sanglier se fait remarquer. Très souvent, on l'a repéré dans
des quartiers situés aux entrées de ville où il vient fourrer son groin dans
les poubelles. Sur les routes, nombreux sont les automobilistes qui ont été
surpris par la rencontre subite d'un sanglier traversant la chaussée, pouvant
alors causer de graves accidents de la circulation.
Un forestier que nous avons rencontré
hésite à parler de prolifération à propos du sanglier, mais il reconnaît que
les agriculteurs sont confrontés à d'importants dégâts causés par cette bête
terrible. Affamé, le sanglier dévore tout ce qui lui tombe sous le groin :
légumes, fruits, céréales, olives, glands et toutes les jeunes pousses ; même
les feuilles épineuses de figuiers de Barbarie n'échappent pas à sa voracité.
Voilà pourquoi des fellahs nous ont
approchés pour lancer un appel de détresse pour la sauvegarde de leurs champs.
Cette prolifération de sangliers est due surtout, dira Ammi Mustapha, à
l'absence de battues comme jadis pour atténuer leur nombre. «Nous regrettons le
bon vieux temps où nous pouvions organiser, et ce en coordination avec les
associations de chasseurs de la wilaya, des battues pour exterminer les hordes
de ces prédateurs sauvages», ajouta un autre agriculteur visiblement inquiet
par les ravages causés à ses cultures.
Questionné à ce sujet, un membre de
l'association El-Nasr a affirmé que pour lutter contre cette recrudescence, des
battues sont organisées. La programmation de ces battues est élaborée avec la collaboration
des services de sécurité de la wilaya et les collectivités locales pour éviter
tout accident. Les battues coïncident généralement avec l'ouverture de la
chasse du gros gibier, allant du 1er janvier au 20 mars de chaque année.
Chez nous, le grand gibier, c'est surtout
le sanglier. Un arrêté de battue administratif aux sangliers est alors signé
pour la circonstance par l'autorité de wilaya. Cependant, cette année, a ajouté
notre interlocuteur, il n'y a eu qu'une seule autorisation de chasse de 21
jours qui a été délivrée, revenant à une association de chasseurs (établie à
Aïn Témouchent) de notre fédération, qui compte 10 associations agréées.
Celle-ci, à elle seule, ne peut couvrir tout le territoire de la wilaya, par un
arrêté qui a d'ailleurs déjà expiré. Une demande collective avait été déposée
au profit de toutes les associations de la wilaya, a conclu ce chasseur.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : sofiane
Ecrit par : Mohamed Bensafi
Source : www.lequotidien-oran.com