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Design autour d'une meïda : plus de fantaisie que d'ingéniosité chez les exposants Culture : les autres articles



L'idée est séduisante : inviter un ensemble d'artistes peintres, de designers ou les deux à la fois à faire des propositions pour la réalisation d'une meïda, un meuble culturellement rattachée à la tradition locale et qui transcende autant les différences sociales que géographiques.
Les initiateurs du projet ont voulu faire participer toutes les générations, en leur imposant de présenter l'évolution de leur conception sur quatre planches retraçant les étapes ayant abouti au produit final. Le résultat, à de très rares exceptions, est quelque peu décevant sur le plan de l'ingéniosité, mais on retrouve beaucoup de fantaisie dans les esquisses présentées. Parmi les anciens, Denis Martinez a accepté de se prêter au jeu. On peut admirer chez ce peintre reconnu l'aboutissement de sa technique et sa maîtrise du «signe», cette abstraction artistique longtemps revendiquée par le groupe «Aouchem», qui s'inspire des motifs artisanaux propres au Maghreb et avec lequel il construit et concrétise ses idées figuratives.
Ici, Martinez décore un pneu géant sur lequel on peut poser une plaque de verre circulaire. C'est la meïda des conducteurs de gros engins de chantier, ou alors des routiers du Grand Sud qui ont la possibilité d'utiliser leur roue de secours pour une pause café, plutôt du thé pour rester dans le contexte local. Un bel habillage avec des couleurs recherchées, le tout agrémenté de scènes évoquant les possibles usages du produit. Avec moins de bonheur, l'inspiration à partir d'objets extérieurs est visible chez plusieurs autres artistes, comme Mehdi qui est parti de l'ancienne boîte de tabac à chiquer et sa représentation d'un croissant de lune pour justifier la marque «Maklat El Hilel».
De la pure fantaisie pour aboutir à un objet sans intérêt, ni pratique ni esthétique. Banale est la forme octogonale prônée chez Nassim, qui a imaginé une meïda évoquant tantôt les vieux disques de vinyle ou même des motifs des tenues de marins. Une plaque de verre posée sur des bouteilles est l'idée de Zoubir qui a introduit le concept de meïda «hallal» lorsqu'elle s'appuie sur des bouteilles d'eau ou de limonade, par opposition aux bouteilles d'alcool. En tout, une quinzaine d'artistes participent à cette exposition dirigée par Karim Sergoua, et ouverte depuis jeudi à l'Institut français d'Oran.
Les idées mises à part, ce sont en revanche les techniques de peinture utilisées par les artistes qui méritent l'attention. Aquarelles, fusains, encre de chine, aérographes, etc. représentent la véritable richesse de cette exposition à découvrir jusqu'à la mi-décembre.
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