Oran - Revue de Presse

Désespérance libanaise



Un autre attentat à la bombe a fait cinq morts à Beyrouth.Il ciblait un officier du renseignement et ceux qui l'ont commis avaientl'information et les ressources nécessaires pour le faire. Les condamnationspleuvent de toutes parts et, comme à chaque fois en pareille circonstance, lesaccusations fusent, épousant les clivages politiques qui paralysent le Liban etl'empêchent de remettre ses institutions en marche. Qui est responsable de cetattentat et des autres ? Chaque partie a sa réponse fondée sur ses convictions.On mettra en exergue que l'officier du renseignement assassiné dans l'attentatétait associé à l'enquête sur l'assassinat de Rafic Hariri et à la répressiondes groupes inspirés d'Al-Qaïda et cela donne déjà un éventail assez large descoupables possibles.Le fait que le pays soit ouvert pour le jeu des forcesétrangères et de leurs barbouzes ne fait que l'élargir. Certains désignent demanière automatique la Syrie, placée comme coupable préalable de tout ce quiarrive au Liban. Pourtant, ce n'est qu'une hypothèse parmi d'autres.Le vrai problème au Liban, où tout semble possible, mêmeabattre un haut responsable de l'armée dans une zone sécurisée, est que toutesles hypothèses se valent. Chaque Libanais a une lecture de la situation et desfaits suivant ses attaches politiques. Le groupe du 14 Mars, en charge d'ungouvernement à la légitimité contestée, et l'opposition sont depuis de trèslongs mois dans un bras de fer politique interminable qui nuit considérablementà l'efficience de la sécurité. Certes, les deux parties, malgré des polémiquesvenimeuses, ont veillé à ne pas dépasser la ligne rouge et à éviter le sautvers la guerre civile. Mais cette retenue sur fond de tension permanente et devacances des institutions est périlleuse.Ce n'est pas la guerre civile, Dieu merci, mais ce n'estmalheureusement pas la paix civile. C'est un climat délétère et pernicieux quedes acteurs, internes ou externes, peuvent exploiter pour justement pousser leLiban au-delà de cette ligne rouge. Et apparemment, ils le font de manièrerégulière, parfois avec une témérité étonnante, comme si le Liban avait perdutotalement ses défenses.On ose espérer que ce n'est pas le cas, mais il est patentque la crise politique qui perdure est une faille immense dans laquelle peuvents'engouffrer toutes les manipulations imaginables. Cette crise politique, avecle délitement logique des institutions, constitue le plus grand handicap pourla sécurité du Liban. Or, la distance entre les parties libanaises reste grandeet elle est entretenue par le jeu des puissances extérieures. La solutionlibanaise à la crise est tributaire des assentiments d'acteurs extérieurs quimènent, sur le territoire libanais, un redoutable bras de fer. Cela se dérouledepuis des mois et chaque attentat devient un élément de crise de plus.La seule issue serait que les acteurs libanais décident de« nationaliser » leur différend et de nationaliser la solution. Cela demande uncourage politique qui semble faire défaut à une partie des acteurs libanais...Faut-il désespérer du Liban ?
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