
Le nettoyage d'une ville ne se limite pas à la levée quotidienne des poubelles. Il faut aussi balayer régulièrement les espaces urbains et laver les poussières à grande eau en procédant, préalablement, au curage périodique des réseaux d'assainissement et de drainage des eaux pluviales. On doit y ajouter l'entretien des espaces verts et des allées boisées. Dans l'esprit de nombreux responsables locaux, le dossier de l'hygiène se réduit simplement à la collecte matinale des niches et des bennes à ordures. Dans la majorité des communes, les travailleurs de la voirie terminent leur service au plus tard à midi, sitôt le dernier chargement de déchets largué dans une décharge à ciel ouvert. Ce traitement expéditif est manifestement criminel. A chaque petite averse, on parle partout de conduites bouchées, de coulées boueuses, d'inondations, d'infiltrations d'eau sale dans les habitations et les lieux publics, de routes coupées et d'établissements scolaires évacués d'urgence. A force de se répéter, ces calamités ordinaires se sont tellement banalisées au point d'agacer tout le monde. Devant tant de légèreté et de laisser-aller, les citoyens n'accordent plus aucune confiance aux administrations et aux organismes publics. Ils n'y voient que de l'incompétence à tout bout de champ. Récemment, le gouvernement avait donné des instructions fermes aux autorités locales pour s'occuper correctement de cette question fondamentale de la salubrité publique. Le lendemain, les walis et leurs subalternes locaux ont fait semblant d'agir en organisant des volontariats et des opérations de «décrassage» tous azimuts. Dans le feu de l'action, on promettait de changer en profondeur le quotidien des citadins. Mais cette fièvre laborieuse s'est vite estompée. Les mauvaises habitudes ont décidemment la peau dure. Progressivement, les cités et les centre urbains ont renoué avec leur hygiène négligée, leur puanteur, leur mine grise. Et, rebelote : les petites averses de ces deux derniers jours ont submergé de nombreux endroits à Alger.
De vieilles bâtisses ramollies se sont effondrées sur leurs occupants. On déplore des morts. La même situation s'est reproduite à Oran, la deuxième ville du pays. C'est vraiment révoltant ! Le wali de la capitale de l'Ouest, comme son homologue à Béjaïa, a vertement tancé les responsables locaux, implicitement accusés de négligence. «En dépit de tous les efforts ainsi que les réunions qu'on organise chaque soir, on ne fait toujours que parler et reparler des opérations de curage pour que seulement 30 ml d'eau transforment la ville en véritable bourbier» constate-t-il à l'endroit des services concernés. Mais ce type de sorties médiatiques ne disculpe pas les walis qui portent la grande responsabilité dans cette affaire. Pour preuve, au mois d'août dernier, la Direction générale de la protection civile (Dgpc) avait averti, en vain, tous les walis sur la précarité de la situation. Dans une note d'alerte qui leur a été transmise, les pompiers leur avaient recommandé «de procéder au nettoyage des avaloirs urbains et au curage des cours d'eaux» comme ils ont aussi sollicité l'organisation «de réunions de coordination intersectorielles pour évaluer le dispositif de secours et s'assurer du bon fonctionnement du système d'alerte météo». Rien n'a été fait ! Cette note d'alerte dévoile l'insouciance de ces walis qui commandent aux destinées de régions entières du territoire national. Au même titre que les présidents d'APC et autres assemblées élues, ils sont passibles de poursuites pour négligences graves.
K. A.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Kamel Amghar
Source : www.latribune-online.com