Nous n'avons pas fini avec la crise russo-géorgienne née autour de la question de l'Ossétie du Sud. En réalité, elle ne fait que commencer. L'intensité de l'activisme diplomatique et militaire de ces derniers jours chez les Russes, comme dans le camp occidental, n'est pas sans inquiéter le reste du monde.
A l'intransigeance russe sur le sta-tut de l'Ossétie du Sud et l'Abkha- zie et de l'avenir de la Crimée en territoire ukrainien, l'Occident répond par son entêtement à intégrer, aussi vite que possible, la Géorgie et l'Ukraine au sein de l'OTAN, son armée pensée et dirigée par les USA.
Ainsi, au moment même où les Russes s'engageaient à retirer leurs troupes militaires des postes avancés en Géorgie, le SG de l'OTAN s'entretenait avec le président ukrainien à Kiev. C'était le 9 septembre. Il rejoignait, vendredi 12 septembre, Riga (Lettonie) où il a réuni les ministres des Affaires étrangères des pays Baltes (Estonie, Lituanie et Lettonie). Il terminait sa visite par sa présence à un exercice naval conjoint baptisé «Open Spirit 2008». Il présidera ce lundi et mardi (15-16 septembre) le Conseil de l'OTAN à... Tbilissi, capitale géorgienne. Les 26 membres de l'Organisation transatlantique lanceront la Commission OTAN-Géorgie et se rendront en «pèlerinage» à Gori, occupée juste avant par l'armée russe. Les 18 et 19 septembre aura lieu une réunion informelle des ministres de la Défense de l'OTAN à Londres. Là, les alliés de l'Organisation feront le point sur la stratégie à adopter face à la volonté de Moscou de défendre son aire d'influence dans le Caucase. Ce regain d'activisme de l'OTAN traduit bien la décision de l'Occident de cimenter un large front diplomatique et surtout militaire contre le retour des Russes sur la scène internationale. Et le scénario que joue Moscou en Amérique latine, notamment au Venezuela et en Bolivie, n'est pas fortuit. Il répond aux «provocations» de l'OTAN au Caucase. Les deux bombardiers russes de dernière génération envoyés au Venezuela sont plus un message de Moscou voulant dire «être prêt à l'affrontement militaire» qu'une simple parade de circonstance. Jamais, depuis la fin de la dernière guerre mondiale, les ingrédients pour une nouvelle guerre n'ont été ainsi réunis. Car, il faut bien savoir qu'en cas d'intégration de la Géorgie et de l'Ukraine à l'OTAN, la guerre est inévitable, en vertu de l'article 5 de la Charte de l'OTAN. L'article 5 de la Charte énonce que «les parties conviennent qu'une attaque armée contre l'une ou plusieurs d'entre elles... sera considérée comme une attaque dirigée contre toutes les parties».
Dans le cas de figure, la proclamation des indépendances de l'Ossétie et de l'Abkhazie et leur reconnaissance, en pleine crise ossète, par la Russie n'augure rien de bon dans les relations avec l'Occident, puisque la Géorgie s'est «jurée» de récupérer ces provinces dès son adhésion à l'OTAN. Par ailleurs, que fera l'Ukraine avec les troupes de la marine nationale russe, notamment celle nucléaire, stationnée dans la mer Noire ? Le quartier général de la flotte russe se trouve à Sébastopol, capitale de la Crimée, que Moscou considère comme sienne. Dans tous ces cas, les intérêts et stratégies de la Russie et de l'Occident (OTAN) sont inconciliables. Sinon, pourquoi depuis le début de la crise autour de l'Ossétie, le Conseil OTAN-Russie (COR) ne s'est-il pas réuni ? Pourtant cet organe créé en 2002, lors du Sommet de Rome en remplacement au Conseil conjoint permanent (CCP), est censé être activé en cas de crise. Et c'est d'ailleurs grâce à ce cadre (COR) que la Russie avait, par exemple, fourni jusqu'à l'été 2003 le plus gros bataillon n'appartenant pas à l'OTAN aux forces de maintien de la paix dans les Balkans.
En réalité, les velléités de l'Occident, par OTAN interposée, aux fins d'encerclement de la Russie sont apparues au grand jour au lendemain de la reconnaissance de la proclamation unilatérale de l'indépendance du Kosovo et de la finalisation de l'installation du bouclier antimissile américain en Pologne et en Tchéquie. Pour l'histoire, rappelons-nous qu'il avait suffi en 1914 d'un seul attentat à Sarajevo, qui coûta la vie à l'héritier du trône d'Autriche François-Ferdinand, pour que le monde s'embarque dans sa première guerre mondiale. Hélas, nous sommes aujourd'hui loin d'un seul attentat. Nous vivons des violences contre des peuples entiers. Alors...
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Notre Correspondant à Bruxelles : M'hammedi Bouzina Med
Source : www.lequotidien-oran.com