A un peu plus d'une quinzaine de jours du démarrage de la campagne labours-semailles, les professionnels de l'agriculture sont rongés d'inquiétude en raison des financements de cette dernière qui demeurent toujours pendants.
Pourtant, le ministère de tutelle a récemment annoncé l'octroi d'un crédit d'accompagnement «RFIG», à zéro pour cent d'intérêts, à l'effet de booster et la production et le rendement agricoles, et éventuellement améliorer le cadre de vie des travailleurs de la terre. Et dans ce cadre, une convention avait été signée avec la BNA et la BADR.
Des producteurs de céréales membres de l'UNPA, rencontrés avant-hier, dans les couloirs de la direction de l'agriculture, font part de leurs appréhensions quant à l'entame de cet exercice 2008-2009, dans de bonnes conditions.
Ainsi sont-ils unanimes à dire «que le nouveau crédit RFIG n'a résolu, pour l'instant, aucun problème car les banques refusent toujours des comptes de prêt, sans autre explication», disent plusieurs d'entre eux.
Leur préoccupation est d'autant plus grande que le prêt RFIG, outre le fait qu'il soit sans intérêts, dans le sens où ces derniers sont pris en charge par le ministère de l'Agriculture, est destiné essentiellement à l'achat d'intrants nécessaires à l'activité des exploitations agricoles pour les semences, les engrais, les produits phytosanitaires. Il sert, également à l'acquisition d'aliments pour les élevages et achats de produits vétérinaires ou agricoles, destinés au stockage dans le cadre du système de régulation des produits alimentaires à large consommation (SYRPALAC).
Les agriculteurs, aussi bien ceux de l'UNPA que ceux indépendants, sont unanimes à dire « qu'ils sont grandement intéressés par ce crédit bancaire, toutefois, ils trouvent que pour bénéficier de ses facilités, les conditions posées sont draconiennes. « Si les postulants ne manquent pas, il est à parier que le nombre des élus ne sera pas à la hauteur des espérances et beaucoup seront écartés en bout de course », font observer certains de nos interlocuteurs. Et l'un d'eux de poursuivre sur un ton ironique, «malheureusement, ce qu'on constate à propos des banques, c'est que même lorsqu'elles veulent bien faire, le résultat est à l'opposé de ce qui est annoncé. Comme quoi c'est la bureaucratie qui a toujours le dessus ».
D'autres collègues à notre interlocuteur s'essayent à énumérer toutes les pièces que doit comporter le volumineux dossier à présenter «en plus de la demande de bénéfice du prêt, il faut aussi une autre demande de financement, l'acte de propriété, la situation vis-à-vis du fisc, les factures pro-format, etc ». Autant de documents que, semble-t-il, beaucoup d'exploitants agricoles éprouvent du mal à s'habituer, particulièrement ceux illettrés.
Ces agriculteurs évoquent également les conditions qui spécifient « que ne peuvent en bénéficier que les exploitants qui remboursent à terme échu, soit une année prolongée de six mois en cas de force majeur. Ceux qui remboursent après terme, perdent l'avantage de la prise en charge par les pouvoirs publics des intérêts et de l'octroi d'un nouveau prêt pour une autre année.
« On ne tient pas compte de notre situation qui, bien souvent, laisse à désirer.
Les responsables des banques, notamment de la BNA, déclarent pour ce qui les concerne, que « nous avons reçu des formulaires de la convention signée avec le ministre, mais nous attendons les modalités d'application pour libérer les crédits nécessaires au financement de la campagne de cette saison».
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Posté par : sofiane
Ecrit par : A El Abci
Source : www.lequotidien-oran.com