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Courts métrages : les dattes amères et la main gauche ouvrent la compétition Culture : les autres articles



Le film, Les dattes amères, du Palestinien Jeehad Echarkaoui, qui a ouvert à la Cinémathèque d'Oran, le cycle de la catégorie courts métrages du FOFA 2012, a été projeté pour la première fois dans une salle, confirme son réalisateur, très heureux de participer personnellement à cet événement.
Le film n'est pas à proprement parler un court métrage, mais plutôt un documentaire qui mêle scènes de vie réelles, notamment le témoignage d'une vieille dame, parmi les premiers réfugiés à Ghaza, et des images ou documents d'archives par le biais desquels le réalisateur a voulu raconter l'histoire de cette partie du monde et celle d'un peuple qui n'aspire finalement qu'à la paix et au droit de vivre sur la terre de ses ancêtres. La symbolique de la paix est fortement représenté dans ce moyen métrage, notamment l'image du mot «fin», représentant deux fleurs rouges, à la place du sang qui a coulé. Les icônes bibliques ne sont pas en reste avec les images de la nativité, du baptême de Jésus dans le Jourdain, etc. «Une terre de paix mais dont le peuple a été privé», insiste la voix du commentateur, qui fait remonter l'histoire de la région jusqu'au temps des premiers producteurs de blé, offrant le pain bénit à toute l'humanité. Le film n'a pas pour autant de prétention historique, juste des symboles pour mieux illustrer les espérances des générations de résistants à l'occupation issue du projet sioniste.
Scènes de guerre, de destruction, mais aussi souvenirs heureux d'avant la «catastrophe» (nakba) de 1948, habillent ce récit entrecoupé tantôt par des complaintes, tantôt par des chants patriotiques anciens signés et dont la musique est du compositeur Ghazi Echerkaoui. «Je suis heureux de présenter ce film pour la première fois, ici, en Algérie», s'émeut le réalisateur qui évoque, comme un clin d''il, la scène où sa caméra zoome sur une photographie représentant le leader Arafat à l'ONU, avant de déplacer son objectif vers un certain Abdelaziz Bouteflika, alors ministre des Affaires étrangères.
Une manière de dire que le combat diplomatique n'est pas vain, avec la reconnaissance, aujourd'hui, et pour la première fois de son histoire de l'Etat palestinien, même si c'est seulement en tant que membre observateur. La référence au mot «Palestine» est présente dans le documentaire qui montre les billets de banque ou la gazette qu'on devine, du temps de la domination britannique qui a succédé aux Ottomans. Le réalisateur montre également un document signé de la main de l'ancien président américain, Truman, qui a signé la reconnaissance de l'Etat, mais qui a barré la mention «juif». Là aussi, c'est un clin d''il à l'évolution de la politique américaine sur ce dossier.
«Mon Dieu, faites que le passage s'ouvre pour que je puisse à nouveau revoir mes enfants», prie la vieille dame, une réfugiée de la première heure qui prépare encore sa confiture de dattes, spécifique à son pays, mais là, loin des considérations historiques, c'est juste un zoom sur le drame humain. Le deuxième film, du Marocain, Fadel Chouika, est un court métrage très original sur l'acceptation de la différence. Il montre le comportement ordinaire, mais indigne, d'un père embrigadé dans ses croyances superstitieuses à l'égard de son propre fils, dont il refuse d'accepter le fait qu'il soit gaucher. Les violences subies par l'enfant, et on salue la performance de l'interprète, peuvent paraître choquantes, mais le réalisateur semble avoir grossi délibérément les traits de sa caricature sociale pour mieux toucher le public.
Les premiers moments de cette fable sont en réalité le prélude à une violence beaucoup plus grande, plus meurtrière toujours au nom de cette difficulté à accepter l'autre. Combien de sacrifices doit-on consentir avant que les hommes finissent par se tolérer ' C'est la question qui est posée dans cette ode dédiée à la tolérance et dont le happy end laisse transparaître des lueurs d'espoir.
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